Exception religieuse en matière de discours haineux | «Les libéraux cèdent-ils sous la pression?», s’interroge Maxime Blanchette-Joncas

Pierre-Olivier Lefrançois | 8 décembre 2025 | 12:47
Maxime Blanchette-Joncas à la Chambre des communes le 25 novembre dernier (Photo courtoisie Bloc Québécois)

Le député de Rimouski-La Matapédia, Maxime Blanchette-Joncas, ainsi que ses collègues du Bloc Québécois, dénoncent un volte-face du gouvernement canadien dans le dossier de l’exception religieuse en matière de discours haineux.

La semaine dernière, les libéraux avaient publiquement affiché leur appui à l’amendement du Bloc visant à retirer la section du Code criminel qui protège de poursuites les propos haineux lorsqu’ils sont fondés sur des opinions ou textes religieux.

Quelques jours plus tard, le gouvernement Carney revient sur son engagement.

« Alors que les libéraux avaient accepté de mettre un terme au passe-droit permettant de fomenter la haine sous couvert de religion, ils préfèrent maintenant reculer, probablement en raison de pressions exercées par des groupes religieux réfractaires. (…) Si les libéraux avaient, en matière d’exception religieuse, le même courage qu’en matière d’infrastructures pétrolières, ce serait réglé depuis longtemps », affirme Maxime Blanchette-Joncas.

Le député bas-laurentien estime que la situation témoigne de l’écart entre la nation québécoise et la société canadienne. Il invite le gouvernement à convoquer dès la semaine prochaine le comité parlementaire afin d’abolir l’exception religieuse.

Rappelons qu’en octobre 2023, Adil Charkaoui avait, au cours d’une prière lors d’une manifestation à Montréal, clamé qu’il fallait « recenser et exterminer » tous les « ennemis du peuple de Gaza », une étude de cas qui illustre la faille dans le Code criminel, selon le Bloc.

« Comment croire les libéraux lorsqu’ils disent vouloir lutter contre les crimes haineux? Lorsqu’ils prétendent parler pour le Québec? Au Bloc, c’est clair: on ne cède ni devant les extrémistes ni devant les groupes de pression. Ce combat, on continuera à le mener coûte que coûte. Que les libéraux se ressaisissent, qu’ils tiennent parole et convoquent le comité pour reprendre le travail. Maintenant! », conclut Maxime Blanchette-Joncas.