Un spectacle d’humour avec des marionnettes en carton signé Jérémie Larouche

Christophe Moquin | 8 septembre 2026 | 05:05

L’humoriste Jérémie Larouche présentait son spectacle HARRY PAPER et la parodie en carton au pub Chez Elmo, à Matane, le 2 septembre, et à la Microbrasserie La Captive d’Amqui, le 4 septembre.

Ces dates étaient les premières de sa tournée gaspésienne. Il présentait son spectacle à Paspébiac le 7 septembre, et continue ses représentations à Carleton-sur-Mer, Mont-Louis et Percé.

À l’occasion de son passage dans la région, notre équipe s’est entretenue avec l’artiste.

Entretien avec Jérémy Larouche

Comment décrirais-tu le spectacle à quelqu’un ne l’ayant jamais vu ?

« C’est un humoriste qui fait de la marionnette pour adulte, puis qui résume tout Harry Potter avec des bonhommes en carton pour des adultes dans un ton très South Park. Que tu connaisses Harry Potter ou que tu ne connaisses pas ça, tu va comprendre toute le show, puis les hardcores fans qui connaisses ça vont voir, il y a plein d’Easter eggs un peu partout ».

Juste en termes de recherche et d’écriture, ça dut être un long processus ?

« J’ai lu les livres, surligné les livres. Après, j’ai fait une espèce de mur avec des cordes, avec des épingles à linge, des feuilles, j’ai essayé de résumer chaque chapitre en comme un page, avec des points forms, pour essayer de distiller tout ça, garder l’essentiel. Après ça, ç’a été d’écrire le texte, le lire. J’ai fait des lectures publiques, juste lire le texte, ça à durée quatre heures. C’était vraiment drôle, mais c’était interminable. Il a fallu faire des choix, il y a des personnages que j’ai dû couper. Il y a des scènes au complet qui ont été dessinées, écrites, montées avec de la musique, puis qui sont morte parce que, ou le show était trop long, ou ça marchait semi, ou on n’en avait pas besoin. Finalement, après quasiment 100 représentations, arriver avec le show qui est là ».

C’est un spectacle que tu as autoproduit. Tu as aussi créé tous les décors et les marionnettes. Ça aussi, ça doit prendre du temps. Est-ce qu’il y a des moments dans le processus où tu t’es demandé pourquoi faire ça ?

« Les artistes en général, on se demande des fois avant de monter sur scène pourquoi on fait ça, puis souvent, quand on sort de scène, on fait : ah, c’est pour ça que je fais ça. Ça été long, mais ça, c’est un des avantages de la neurodivergence, c’est de pouvoir zoné out pendant des heures et dessiner, puis juste comme écouter de la musique. C’est super méditatif, le dessin, le bricolage, la scénographie. Je n’ai pas compté mes heures parce que ça serait vraiment triste.

Mais oui, 100% autoproduit. Ça ne fit pas avec le modèle d’affaire de la majorité des boîtes de production. C’est un show qui se veut intime dans des salles de 100 places et moins ».

Dans le passé, tu t’es attaqué à Star Wars, maintenant à Harry Potter, on parle de deux grosses licences de la pop culture. Est-ce que ça vient avec une pression ?

« Oui et non, dans le sens que se qui est le fun de travailler avec ces œuvres de culture populaire, d’une part tout le monde les connaît donc c’est le fun. Aussi, ça nous permet d’avoir un regard critique sur les œuvres. Je questionne beaucoup de choses dans le show, je relève les travers dans l’histoire de chose qui ne fonctionne pas. Je dénonce beaucoup J.K. Rowling aussi. D’ailleurs, c’est ce qui est vraiment génial de ce show, c’est qu’à l’a pas une cenne, parce que c’est une parodie. Ça permet de dédouaner notre plaisir de célébrer une œuvre avec laquelle on a grandi, qu’on a aimé.

J’ai eu à plusieurs reprises des personnes de la communauté trans qui sont soit venues voir le show, soit qui m’ont écrit après pour me dire : merci de faire ça, c’est la seule affaire d’Harry Potter que je me suis permis depuis longtemps ».

En terminant, que penses-tu du public gaspésien ?

« Vous êtes incroyable. C’est drôle parce que c’est toujours à peu près la même croud quand je fais mon show peu importe le lieu. C’est mes amis neurospicy qui sont là dans la salle, mais là c’est la version gaspésienne de ces gens. Je l’ai reconnaît, mais je découvre un public qui est ultra chaleureux ».