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Mazda CX-30 : le plaisir discret
Photo courtoisie Par Marc Bouchard
Mazda fait partie de ces constructeurs qui n’aiment pas trop le bruit. Pas celui des moteurs, quoique, mais surtout celui du marketing tapageur. Les modèles évoluent lentement, parfois trop lentement diront certains, au point qu’on finit par ne plus vraiment y prêter attention. Pendant que tout le monde s’excite à propos des écrans toujours plus grands et des gadgets dernier cri, Mazda affine, ajuste et peaufine. Et le CX-30 en est probablement l’exemple le plus parlant.
Je l’avoue sans détour : je ne m’attendais à rien de particulier en prenant le volant de ce petit VUS pour une semaine complète. Et c’est précisément pour cette raison que la surprise a été aussi agréable.
Dès les premiers kilomètres, le CX-30 impose sa personnalité. Pas par la force, ni par des chiffres spectaculaires, mais par une sensation globale de cohérence. Tout semble fonctionner ensemble, sans effort. La direction, surtout, mérite qu’on s’y attarde. Elle est directe, communicative, presque intuitive. On tourne le volant et la voiture répond immédiatement, sans délai ni hésitation. Mazda aime évoquer son fameux principe Jinba Ittai, cette fusion entre le conducteur et la machine. On pourrait croire à un slogan un peu usé, mais au volant du CX-30, ce lien est bien réel. La voiture se place naturellement, donne confiance et semble toujours un peu plus légère que ce que la fiche technique laisse croire.
Sous le capot, rien de révolutionnaire, et c’est tant mieux. Le quatre-cylindres de 2,5 litres est toujours au rendez-vous, offert en version atmosphérique ou turbocompressée. Dans mon cas, la version turbo faisait le travail sans jamais donner l’impression d’être dépassée. Les accélérations sont franches, la réponse est prévisible et la boîte automatique à six rapports joue son rôle avec sérieux. Et surtout, Mazda continue d’éviter la transmission à variation continue. Un détail pour certains, un argument majeur pour moi.
Sur l’autoroute, le CX-30 surprend par sa maturité. La stabilité est irréprochable, l’insonorisation bien calibrée et la suspension réussit à trouver cet équilibre délicat entre fermeté et confort. Lors d’un long trajet, Chérie, passagère exigeante s’il en est (mais ne lui dites pas que j’ai dit cela), a spontanément souligné le confort des sièges et la position de conduite. Ce genre de commentaire vaut souvent plus que tous les bancs d’essai du monde.
L’habitacle reflète bien la philosophie Mazda. Sobriété, élégance et efficacité. Rien de tape-à-l’œil, aucun écran surdimensionné inutilement. Les matériaux sont de qualité, l’assemblage inspire confiance et l’ergonomie est pensée pour la conduite, pas pour impressionner en concession. Le système multimédia, contrôlé par une molette centrale, demande un court temps d’adaptation et se montre parfois un peu lent, mais il limite les distractions une fois la voiture en mouvement.
Évidemment, le CX-30 impose des compromis. L’espace à l’arrière est compté, surtout pour des adultes, et le coffre fait le travail sans plus. Ce n’est pas un véhicule pour les grandes expéditions familiales ni pour transporter une demi-maison. Mais ce n’est pas non plus sa vocation. Le CX-30 s’adresse clairement à ceux qui veulent un format compact, polyvalent et agréable à conduire au quotidien.
En conditions hivernales, le rouage intégral i-Activ AWD fait exactement ce qu’on attend de lui : rassurer sans s’imposer. Les interventions sont discrètes, efficaces, et renforcent ce sentiment de contrôle qui fait la signature de Mazda, même lorsque la tempête fait rage sur l’autoroute.
Au terme de cette semaine d’essai, une chose est claire : le CX-30 rappelle pourquoi Mazda mérite plus d’attention. Ce n’est pas la marque la plus bruyante ni la plus démonstrative, mais c’est souvent celle qui laisse la meilleure impression une fois les clés rendues. D’ailleurs, je ne les ai pas rendues bien longtemps. Fiston s’est empressé de prendre le relais. Et j’ai déjà hâte de confronter nos impressions.
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