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À Matane, une citoyenne rêve d’un toit pour rapprocher les générations
Image d'illustration tirée de Depositphotos Une publication sur la page Facebook « Spotted Matanie », une place publique numérique qui reflète les réflexions, questionnements et petites histoires locales, a attiré l’attention de plusieurs dimanche dernier lorsqu’une citoyenne de Matane, Stéphanie Fournier, a lancé l’ébauche d’une idée particulièrement inspirante et teintée de bonne foi. Dans un contexte où le prix et la disponibilité des logements, couplés à l’enjeu toujours bien présent de l’isolement chez les aînés, Stéphanie a présenté le Projet Cœur à cœur : un toit pour s’entraider à Matane, une initiative qui propose la création d’une maison intergénérationnelle. La Matanaise s’est entretenue avec notre service de nouvelles pour en discuter.
Son concept : offrir aux jeunes et aux personnes âgées une habitation commune à bas prix, permettant non seulement de se loger, mais aussi de créer des ponts entre les générations.
Effectuant du bénévolat à plusieurs endroits et ayant déjà travaillé comme préposée aux bénéficiaires, Stéphanie se décrit comme quelqu’un qui a toujours voulu rassembler et aider les gens. C’est d’ailleurs cette propension à l’entraide et au vivre-ensemble qui l’a motivée à imaginer le projet.
« On sait tous que c’est un réel problème de société que les aînés se retrouvent seuls et se sentent trop souvent inutiles, sans compter qu’une bonne partie d’entre eux ont de faibles revenus. D’un autre côté, les étudiants manquent de loyers et beaucoup d’entre eux ont peu ou pas d’expérience dans la réalisation des tâches qui viennent avec l’indépendance, comme faire à manger, établir un budget ou entretenir une maison, par exemple. J’ai donc essayé de trouver une solution commune et simple aux deux enjeux », explique-t-elle.
Divers profils seraient ciblés pour occuper la section « jeunesse », qui serait aménagée — selon l’ébauche initiale du projet — à l’étage supérieur de la maison intergénérationnelle, dont les cégépiens et les jeunes provenant du centre jeunesse (DPJ).
« J’ai parlé du projet avec des personnes âgées dans le cadre de mon bénévolat cette semaine et plusieurs m’ont mentionné être tannées de la solitude. Plusieurs se sont exprimées pour me dire à quel point elles aimeraient apprendre à des jeunes à faire à manger, par exemple », nous partage Stéphanie. « Ces personnes pourraient tellement être utiles pour transmettre de belles valeurs, en plus de bénéficier d’un contact social tellement mérité, parce qu’au départ, c’est pour elles que j’ai imaginé le projet. C’est tellement important de reconnaître tout ce que ces générations passées ont fait. Je pense que la société serait gagnante de retrouver l’ouverture aux autres qu’elle a perdue quand les téléphones cellulaires sont arrivés et ont capté toute notre attention. La technologie est arrivée tellement vite qu’on n’a pas su comment la marier à l’humanité. »
Stéphanie poursuit en expliquant que chaque résident serait associé à un binôme de l’autre groupe d’âge afin de favoriser le développement des relations intergénérationnelles.
« J’aimerais que chacun s’occupe de l’autre et soit à l’écoute de ses besoins. Je sais que, dans la vie, ça ne fonctionne pas avec tout le monde ; certaines personnalités divergent et c’est normal, mais on peut toujours essayer d’en parler. Rien n’est parfait, mais on doit apprendre à gérer les imperfections. Dans ce cas-ci, poser des questions et s’intéresser à l’autre peut ouvrir des portes sur les raisons derrière certains agissements, par exemple. C’est comme ça qu’on apprend à connaître l’autre, mais aussi à se connaître soi-même. »
Évidemment, la réussite d’un tel projet nécessite le maintien de l’harmonie entre les résidents. Stéphanie nous fait part du fruit de ses réflexions à ce sujet.
« Il y aurait des règlements clairs — pas d’alcool ni de drogue, pas de cigarette à l’intérieur —, mais aussi certaines obligations liées aux tâches quotidiennes et à la vie sociale, comme faire des choses avec son binôme (soupers collectifs, aide avec la technologie, etc.). Il faut que les résidents soient ouverts à vivre en collectivité et à apprendre des choses, à intérioriser de nouvelles valeurs. »
Dans un monde où le projet verrait le jour, Stéphanie voit grand. Elle souhaiterait pouvoir offrir aux résidents divers services connexes.
« Je pense, entre autres, à une van communautaire qui pourrait être mise à leur disposition pour du bénévolat ou encore pour l’accomplissement de tâches comme aller à l’épicerie. Il faut savoir que je commence de rien. Certaines personnes se sont manifestées pour m’offrir leur aide. J’ai hâte de voir jusqu’où ça va aller et j’espère être en mesure de partir quelque chose de bien », conclut-elle.
Ceux qui désirent s’impliquer ou qui souhaitent faire partie du projet peuvent entrer en contact avec Stéphanie via la publication Facebook de dimanche dernier, disponible ici.