PADTC | Des surplus annoncés pendant que le transport collectif demeure sous-financé au Bas-Saint-Laurent

Maxime Morin | 10 février 2026 | 07:28
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La Table régionale des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent (TREMBSL) accueille favorablement la décision récente du ministre responsable des Infrastructures et ministre des Transports, Jonatan Julien, visant à dédommager les MRC touchées par des baisses de financement de leurs services de transport collectif en 2025-2026, à la suite des nouvelles modalités du Programme d’aide au développement du transport collectif (PADTC).

Toutefois, l’organisation régionale se dit étonnée par les déclarations du ministre affirmant que le PADTC afficherait d’importants soldes non réclamés, alors que plusieurs services de transport collectif au Bas-Saint-Laurent peinent à se maintenir en raison d’un manque de financement.

Selon la TREMBSL, les montants accordés par le PADTC au cours des trois dernières années reposaient toujours sur la situation de 2019, sans indexation, malgré l’augmentation marquée des coûts d’exploitation. En 2024, l’aide gouvernementale couvrait en moyenne seulement 55 % des coûts réels des services de transport collectif dans la région.

Les nouvelles modalités du programme pour la période 2025-2028 ne permettraient pas de corriger cette situation. Elles continuent de s’appuyer sur les aides versées les années précédentes, alors que les coûts augmentent rapidement. De plus, l’imposition de plafonds de 4 % et de 5 % à certaines enveloppes limite l’accès à des fonds jugés essentiels par les élus municipaux.

« Nous sommes surpris, mais aussi attristés d’entendre que près du tiers de l’enveloppe du PADTC demeurerait inutilisé, alors que certains territoires envisagent de mettre fin à leurs services de transport collectif et que d’autres ont subi des hausses de coûts de plus de 130 % en un an, sans aide supplémentaire », souligne le président de la TREMBSL, Bruno Paradis, également préfet de la MRC de La Mitis.

Il rappelle qu’en 2024, les MRC de la région recevaient un montant maximal de 13,50 $ par déplacement, alors que le coût moyen pouvait atteindre jusqu’à 55 $ dans certains territoires. « Les montants sont plafonnés et non indexés depuis 2019. Cela explique en grande partie l’écart croissant entre les besoins réels et l’aide accordée », ajoute-t-il.

La TREMBSL questionne également l’existence de soldes récurrents au programme, affirmant que plusieurs demandes d’aide pour soutenir les services de la Régie de transport du Bas-Saint-Laurent sont demeurées sans réponse au fil des ans.

L’organisation réitère l’importance d’un financement mieux adapté à la réalité des régions afin d’assurer la pérennité et l’accessibilité des services de transport collectif.