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Décès accidentel d’un enfant de 4 ans en motoneige à Saint-Fabien en 2025 | Le coroner partage ses recommandations
Image d'illustration tirée de Depositphotos Le coroner Arnaud Samson conclut que le décès de l’enfant de quatre ans en motoneige en avril dernier à Saint-Fabien est accidentel. Il recommande au ministère des Transports et de la Mobilité durable le déploiement, dans les meilleurs délais, d’une «campagne de sensibilisation destinée aux propriétaires de véhicules hors route et aux parents sur les risques associés à la conduite par des enfants de moins de 16 ans sur les terrains privés».
C’est ce qui découle du rapport d’investigation signé le 9 février dernier, dont notre service de nouvelles a obtenu une copie.
Le 12 avril dernier, sur une terre privée, l’enfant se trouvait à l’avant de la motoneige lorsqu’il a soudainement accéléré, entrainant l’éjection vers l’arrière des deux autres occupants du véhicule. La motoneige a ensuite heurté un arbre, sur lequel l’enfant a été projeté avant de retomber, inconscient. Aucun des trois occupants ne portait de casque protecteur.
Le bambin a été transporté à l’urgence de l’Hôpital de Rimouski après l’évaluation par les paramédics. Les examens ont identifié un traumatisme crânien sévère avec hémorragies cérébrales multiples, des dommages pulmonaires et une fracture ouverte du bras.
Après une stabilisation initiale, une évacuation aéromédicale a été réalisée vers le Centre hospitalier universitaire de Québec, où le décès de l’enfant a été constaté quelques heures plus tard.
Selon le rapport du coroner, une inspection mécanique de la motoneige a été effectuée et a permis de confirmer que le véhicule était «généralement en ordre».
Le document cite l’Institut national de santé publique du Québec pour démontrer que la motoneige et le VTT sont encore très populaires au Québec, alors que 600 000 personnes âgées entre 12 et 74 ans pratiquent l’une ou l’autre de ces activités. Toutefois, cette popularité est assombrie chaque année par des accidents graves.
Au cours des cinq dernières années pour lesquelles les données sont complètes (2015 à 2020), il y a eu une moyenne de 48 décès attribuables à ces deux véhicules hors route.
Le coroner rappelle que la conduite sécuritaire de véhicules hors route repose sur plusieurs principes, notamment l’utilisation de sentiers aménagés et entretenus à cette fin, l’interdiction de conduire avec les facultés affaiblies, le port d’un casque homologué et de vêtements de protection, ainsi que le respect des limites de vitesse. Il est aussi requis de détenir un permis de conduire pour circuler avec ce type de véhicule sur les terres publiques ou les sentiers.
Le Dr Arnaud Samson précise toutefois que la législation ne prévoit aucun âge minimal pour la conduite de véhicules hors route sur des terrains privés. Cette absence de seuil permet donc à un enfant, peu importe son âge, de conduire légalement une motoneige ou un VTT avec l’accord de ses parents. Cette règle confie aux parents la responsabilité de juger si leur enfant est apte à conduire, tout en maintenant certaines exigences, comme le port du casque et la présence d’un accompagnateur adulte.
Or, comme le souligne le coroner, tous les parents ne disposent pas nécessairement des connaissances liées au développement de l’enfant ni des informations sur les capacités cognitives et physiques nécessaires pour manier de tels véhicules, qui demeurent très puissants. Son rapport s’appuie notamment sur les travaux de la Société canadienne de pédiatrie, laquelle recommande de fixer à 16 ans l’âge minimal pour conduire un véhicule hors route, sans toutefois que le coroner formule lui-même une recommandation en ce sens. L’organisme suggère également un âge minimal de 12 ans pour pouvoir agir comme passager d’un tel véhicule.