Supervision des stages : les entreprises ambulancières déboutées

La Presse Canadienne | 11 mars 2026 | 17:38
Une personne marche derrière un véicule ambulancier. Photo prise à Montréal, le 8 juillet 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi

Les entreprises ambulancières viennent d’échouer dans leur tentative de faire reconnaître la supervision des stages par des paramédics comme un service essentiel, dans le cadre des grèves qui ont cours présentement.

Plusieurs entreprises ambulancières dans l’ensemble du Québec, ainsi qu’Urgences-santé, s’étaient adressées au Tribunal administratif du travail pour faire ajouter la supervision de ces stages des finissants de cégeps à la liste des services essentiels qui devaient être dispensés durant les grèves de trois organisations syndicales qui durent depuis quelques mois.

Les employeurs arguaient que, dans le contexte actuel de pénurie de paramédics, ce moyen de pression risquait de retarder l’arrivée dans le marché du travail de la relève, nuisant ainsi à la santé et à la sécurité publique.

Le Tribunal en a toutefois décidé autrement. « La durée des grèves sera déterminante. Si les parties négocient avec diligence et bonne foi, comme l’impose l’article 53 du Code du travail, le conflit pourrait se régler dans des délais permettant la reprise des stages dans les délais qui rendraient possible l’embauche des finissants au cours de l’été », a statué la juge administrative Myriam Bédard.

Elle souligne que les paramédics disposent d’un arsenal réduit de moyens de pression, puisque la plupart de leurs tâches sont considérées comme essentielles. « Force est de reconnaître que le rapport de force des paramédics n’est pas à la hauteur de l’importance de leurs fonctions pour la société et que leurs outils de négociation sont peu nombreux. »

Elle en veut pour preuve la durée de leurs grèves. « Le Tribunal, spécialisé en relations du travail et en rapports collectifs de travail, est à même de le constater, ne serait-ce que par la durée des grèves qui surviennent à chaque échéance de convention collective. Ces inefficaces et donc interminables grèves sont de nature à plomber les relations du travail dans les entreprises ambulancières et ne favorisent ni l’attraction ni la rétention des paramédics. »

Elle conclut également que les préoccupations des entreprises ambulancières ne sont que des appréhensions pour le moment.

« On ne parle ici que d’un retard d’une portion des finissants à l’intégration au marché du travail et non d’un empêchement définitif. Bien des aléas peuvent ralentir la diplomation de finissants. Ce serait aussi le cas si, par exemple, une grève des enseignants ou des étudiants du collégial survenait. Tous les milieux de travail sont tributaires de la situation sociale qui prévaut à l’échelle locale, régionale ou même nationale, et qui peut les affecter », ajoute la juge administrative Bédard.

Les trois syndicats concernés sont ceux de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS), affiliée à la CSN, ceux des Travailleurs ambulanciers syndiqués de Beauce (TASBI) et ceux de la Fédération du préhospitalier du Québec (FPHQ).

Plusieurs entreprises ambulancières étaient requérantes, comme Dessercom, Paraxion, Demers et Urgences-santé.