Québec solidaire dépose un projet de loi écrit avec les Premières nations

Michel Scarpino | 28 mai 2026 | 14:00
Manon Massé. Photo Facebook

La députée Manon Massé, de Québec solidaire, vient de déposer un projet de loi, le tout premier de l’histoire rédigée en coconstruction avec les peuples autochtones.

Celui-ci veut obliger le gouvernement à s’asseoir avec les représentants des Premières nations concernées avant le dépôt de tous les projets de loi qui les concernent.

« En attendant de faire l’indépendance du Québec en collaboration avec les peuples autochtones, mon projet de loi vient leur donner un outil de plus pour faire respecter leurs droits. Au-delà du contenu, on vient aussi de faire la démonstration que c’est possible de travailler d’égal à égal. Les gouvernements précédents nous ont répété que c’était impossible de construire un projet de loi en collaboration continue avec les Premiers Peuples. On vient de prouver le contraire », a déclaré Mme Massé.

Selon elle, une réelle réconciliation doit être la révision complète des lois du Québec pour y inclure les droits des peuples autochtones.

« C’est un immense privilège pour moi de reprendre le flambeau des relations avec les Premières nations et les Inuit. Il n’y a qu’un seul parti qui a toujours été l’allié des autochtones et qui défend leurs droits à l’Assemblée nationale, c’est Québec solidaire. Un gouvernement de Québec solidaire ira encore plus loin en faisant appliquer la totalité de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. La loi déposée aujourd’hui est le premier morceau du casse-tête de la mise en œuvre de la Déclaration des Nations unies », a déclaré le porte-parole Sol Zanetti, qui aura désormais la responsabilité des dossiers liés aux relations avec les Premières nations et les Inuit.

La formation politique assure qu’elle n’a pas été accusée d’outrage au parlement, même si le projet de loi a d’abord été présenté aux chefs autochtones de l’Assemblée des premières nations du Québec et du Labrador.

« Le fait qu’on n’ait pas été accusé d’outrage au parlement crée un immense précédent. Les gouvernements ont prétexté pendant des années qu’il était impossible de travailler avec les Premières nations et les Inuit, sous prétexte qu’on commettrait un outrage au parlement. Cet argument vient  de tomber en miettes, et les leaders autochtones pourront s’en servir pour faire valoir leurs droits à l’avenir », a commenté Mme Massé.

Elle a aussi révélé le carnet de route d’une tournée des nations autochtones. Celui-ci a pour thème  Écouter, comprendre et construire ensemble.

Une vaste consultation des 11 nations autochtones, de 20 premières nations, de 2 villages nordiques inuit et de 6 centres d’amitié autochtones avait préalablement été effectuée.

«Les premiers peuples avec qui nous partageons le territoire forment des nations et des gouvernements à part entière. Nous devons dialoguer avec elles et eux d’égal à égal. De nation à nations. Je suis fière d’avoir été la première élue du Québec à réellement aller à la rencontre de toutes les nations autochtones, chez eux. Mais je ne veux pas me péter les bretelles parce qu’il y a encore tellement de travail à faire. Les blessures laissées par la colonisation sont loin d’être cicatrisées. La seule manière de les guérir, c’est prendre notre part de responsabilité et tout faire pour ne pas perpétuer cette injustice historique», a conclu Mme Massé.