Les expropriés du Parc Forillon réclament leurs biens

Christophe Moquin | 4 août 2026 | 08:55
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Yves-François Blanchette, chef du Bloc Québécois, était de passage à Gaspé. Accompagné d’Alexis Deschênes, député fédéral de Gaspésie–Les-Îles-de-la-Madeleine–Listuguj et entouré des gens ayant vécu l’expropriation pour la création du Parc Forillon en 1970, il a interpellé le gouvernement fédéral pour débloquer des fonds afin de rapatrier des artéfacts pris aux familles expropriées de Forillon.

Mise en contexte : 225 familles ont été expropriées en 1970 pour la création du Parc Forillon, créant des blessures encore vive par les témoignages de ces personnes et de leurs descendants.

En 2012, ces familles ont appris que Parcs Canada avaient conservé 3400 objets, dont des outils, des meubles, des jouets d’enfants faits à la main et des équipements agricoles et de pêches. Ils sont conservés dans un entrepôt à Québec et Parcs Canada souhaite les transférés dans un entrepôt à Gatineau.

De plus, une entente entre le Musée de la Gaspésie et Parcs Canada fut conclu en 2018 pour le transfert de la collection d’objets à Gaspé et l’établissement d’un lieu pour les mettre en valeur. D’un coût évalué à 5 millions de dollars, le projet n’a pas abouti, par manque de financement.

Alors que le gouvernement fédéral envisage à nouveau des expropriations pour le TGV d’Alto entre Québec et Toronto, le chef du Bloc Québécois, Yves-François Blanchet, rappelle que : « le gouvernement d’Ottawa a égrené au fil de l’histoire des gestes inhumains de déracinement de familles entières, sans scrupules et âme. Aujourd’hui, un peu de baume est à porter pour aider à cicatriser le traumatisme des descendants des expropriés originaux. Pour vivre, l’âme d’une communauté doit être conservée chez elle. Pas dans un entrepôt sans identité à 1000 km. Et Ottawa doit éviter de répéter de telles erreurs, comme dans le dossier d’Alto ».

Alexis Deschênes ajoute que « c’est une question de justice et de dignité pour les expropriés : des maisons ont été brûlées et les expropriés ne pouvaient même pas récupérer une poignée de porte, mais pendant ce temps; Parcs Canada ramassait plus de 3000 objets leur appartenant sans que les familles en aient connaissance! La moindre des choses, c’est de rapatrier les artéfacts à Gaspé. Mais il faut plus qu’un entrepôt, il faut aussi un lieu de commémoration de l’expropriation. Le fédéral doit réparer ses actions douteuses en finançant une solution respectueuse des expropriés et nécessaire pour honorer notre devoir de mémoire ».