Droits de douane | Le Bloc Québécois souhaite que le gouvernement fédéral apporte des mesures d’aide concrètes

Christophe Moquin | 24 août 2026 | 05:21
Photo de courtoisie Bloc Québécois

Maxime Blanchette-Joncas, député de Rimouski–La Matapédia, incluant La Mitis, Les Basques et la Neigette, dénonce les nouvelles tarifications de 50% sur 28 milliards de dollars imposés par les États-Unis. Le Bloc Québécois presse le gouvernement fédéral de déployer des mesures d’aide concrètes pour les entreprises et les travailleurs du Bas-Saint-Laurent.

Le secteur manufacturier et l’industrie forestière, au Bas-Saint-Laurent, rendent la région exposée. Selon les perspectives économiques régionales de Desjardins, plus du tiers du PIB manufacturier régional provient de la transformation du bois. Les tarifications accentuent donc les risques liés aux tarifs sectoriels et à l’incertitude commerciale.

« La décision des États-Unis d’imposer de nouveaux tarifs de 50 % sur 28 milliards de dollars de marchandises est toxique pour les économies bas-laurentienne, québécoise, canadienne et américaine. Elle s’ajoute aux droits de douane qui frappent déjà plusieurs secteurs névralgiques, notamment l’aluminium, l’acier, le bois d’œuvre et l’automobile. Ottawa doit maintenant répondre présent et protéger nos entreprises et nos travailleurs », déclare le député bloquiste.

Des mesures immédiates

Pour le député, Ottawa doit agir maintenant. Le Bloc Québécois réclame la mise en place sans délai de programmes pour soutenir directement les entreprises, les travailleurs et les personnes les plus durement touchées par les mesures américaines, notamment des compensations et des aides financières non remboursables, des programmes de subvention salariale, un soutien à l’innovation, à la productivité, à la transformation et à la diversification des marchés, ainsi que des mesures pour soutenir le pouvoir d’achat des retraités et des travailleurs saisonniers.

« Nos entreprises ont besoin d’oxygène, pas de promesses. Nos travailleurs ont besoin de stabilité, pas d’incertitude. Si Ottawa veut réellement défendre notre économie, il doit donner aux entreprises les moyens de traverser la tempête, de conserver leurs employés et de poursuivre leurs activités. Nous devons éviter que des tarifs temporaires se transforment en pertes d’emplois permanentes », prévient Maxime Blanchette-Joncas.

Des dollars qui doivent revenir aux entreprises et aux travailleurs

Maxime Blanchette-Joncas salut que Mark Carney répond aux mesures du gouvernement Trump par des contre-tarifs, mais estime que la réponse canadienne doit aller plus loin.

« Les contre-tarifs doivent couvrir les nouvelles mesures américaines, mais aussi les droits et tarifs illégaux déjà en vigueur. Surtout, chaque dollar recueilli doit retourner aux entreprises et aux travailleurs qui subissent les conséquences de cette guerre commerciale. Il n’est pas question que les régions paient en double : une première fois avec les tarifs et une deuxième fois avec l’inaction d’Ottawa », insiste le député.

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À l’encombre du Québec

Il rappelle aussi que les concessions envisagées ou accordées par le gouvernement fédéral dans des secteurs stratégiques ne doivent pas fragiliser davantage le Québec et ses régions, entre autres en matière de gestion de l’offre, de culture et de médias régionaux.

« Nous avons demandé au gouvernement fédéral de ne pas sacrifier les intérêts du Québec et de nos régions dans ses négociations avec les États-Unis. Les faits sont clairs : les concessions faites à Washington n’empêchent ni les tarifs ni l’escalade commerciale. On ne peut pas demander toujours plus de sacrifices au Québec et ensuite demander aux régions d’en payer la facture », souligne M. Blanchette-Joncas. « Les concessions faites aux États-Unis n’auront servi à rien si, en retour, nous nous retrouvons avec encore plus de tarifs et aucune garantie pour nos secteurs stratégiques. Notre culture n’est pas une monnaie d’échange. Nous devons rétablir les mesures qui permettent de soutenir notre écosystème culturel, notamment la redevance du CRTC pour les diffuseurs en ligne et la taxe sur les services numériques. Nous devons protéger notre capacité à créer, à produire et à diffuser notre propre culture. Elle ne peut pas être sacrifiée au profit des géants américains du Web ».

Le Bloc Québécois demande une rencontre entre les chefs de partis représentés à la Chambre des communes pour coordonner la réponse à la crise tarifaire et donner un portrait clair de la suite aux entreprises et aux travailleurs.