Christel Marchand engagée contre l’injustice

Photo tirée de Facebook.

Elle est née à Montréal, sa famille vit au Saguenay, elle a travaillé à la Baie-James et agit actuellement comme rédactrice-réviseure pour le NPD à Ottawa. Si le rapport au territoire québécois de Christel Marchand paraît sinueux, les raisons de l’engagement politique de la candidate du Nouveau Parti Démocratique dans Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia semblent, elles, suivre une ligne directe depuis au moins l’adolescence.

« J’ai commencé à distribuer des tracts au NPD j’avais 13 ans », raconte madame Marchand, une souverainiste convaincue. « L’injustice sociale, je me souviens, très jeune, ça a toujours été, du plus loin que je me souvienne, quelque chose qui me prenait énormément et j’ai décidé de transformer ça en quelque chose d’utile et non de souffrant », précise la candidate au visage juvénile et au discours articulé.

Cette injustice sociale que veut combattre la candidate néodémocrate inspirée du défunt chef, Jack Layton, porte les habits du racisme, de la discrimination ou encore, des disparités de revenus entre les citoyens. Mais il y a plus. Quelque chose de pesant préoccupe la jeune femme de 35 ans dont on comprend que l’interstice des propos cache une volonté profonde de changer l’ordre des choses.

Après quelques minutes de réflexion, Christel Marchand, aussi autrice de poésie et de théâtre féministe, laisse tomber les masques et révèle une des motivations qui l’anime et qui justifie notamment sa candidature aux élections actuelles. « J’ai été beaucoup agressée », raconte-t-elle. « C’est comme si, parce que tu es une femme en politique, ce serait accepté que tu te fasses toucher les seins et les fesses constamment », lâche la candidate.

« J’ai rencontré beaucoup de pédophiles en politique, pour être très honnête. Y a beaucoup de gens vénérables, dans notre société, mais moi, dans beaucoup de partis politiques, j’en ai rencontré des hommes de 45 ans qui essaient de se ramasser seuls avec les rares jeunes femmes qui sont en politique et ça, je l’ai vu souvent », témoigne madame Marchand qui dit avoir subi sept agressions de la part d’hommes durant sa vie. « Moi je l’ai vécue, oui, et c’est exactement pourquoi je continue à rester là. Je veux que moins de femmes le vivent. Pourquoi vous pensez qu’il y a moins de femmes en politique? C’est parce qu’elles le savent très bien.»

La candidate reconnaît que les choses changent graduellement sur la colline parlementaire, à Ottawa. Elle se dit entourée d’hommes avec qui elle se sent en confiance au Parlement, ce qui n’était pas le cas, affirme-t-elle, lors de ses premières années de militantisme, au début de l’adolescence.

Du travail reste cependant à faire, soutient-elle. C’est donc aussi pour changer les choses de l’intérieur, pour donner une voix supplémentaire aux femmes, que Christel Marchand dit poser sa candidature dans Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia. La colline parlementaire est « un endroit très particulier », affirme la militante féministe qui veut faire connaître à la population « ce que c’est que d’être une femme à Ottawa. »