Démolition et reconstruction : une importante prise de décision en cours au Regroupement des femmes

Crédit photo : Arsenal Media

C’est au courant de la semaine que le conseil d’administration du Regroupement des femmes de la région de Matane prendra une décision concernant la destinée de sa bâtisse désuète.

Leur bâtiment de l’avenue d’Amours à Matane ne répond plus aux normes depuis plusieurs années maintenant. Ils ont décidé entre rénover la bâtisse ou déménager dans une nouveau bâtiment. Les rénovations d’un bâtiment préexistant coûtait plus cher, donc ils sont en train d’évaluer si la démolition et la reconstruction leur seraient moins dispendieux.

Un appel d’offres publique a donc été lancé en fin août, qui s’est finalisé le 18 septembre. Les soumissions ont été reçues par le comité d’administration, qui a été convoqué à la fin du mois de septembre pour prendre connaissance des offres. C’est là qu’ils ont décidé de créer un sous-comité à se pencher sur les soumissions.

Le conseil d’administration du Regroupement des femmes a créé un comité à l’interne qui s’est penché sur les soumissions reçues. Celui-ci a rapidement éliminé les soumissions trop chères, improbables pour l’organisme. Il ne restait donc qu’à vérifier les travaux à faire et le temps de réalisation, et le délai de décision a été prolongé jusqu’à la fin de la semaine pour qu’elle soit le plus éclairée possible.

En tout, le Regroupement des femmes a reçu 7 soumissions pour leur projet de reconstruction totale du bâtiment. D’après les estimations de départ d’il y a deux ans, le financement d’une construction neuve pouvait leur coûter plus ou moins 400 000 $, mais avec la crise de la COVID-19 qui a largement secoué les marchés, ces estimations ont peut-être changé.

Le comité d’administration a été mis au courant de l’avancement du sous-comité ce mardi, et d’ici la semaine prochaine, une décision devra être rendue. Thérèse Sagna, coordonnatrice de l’organisme, se tient prête. Avec la résolution du conseil, il ne leur restera qu’à faire le tour du montage financier et confirmer le prêt d’argent avec la Caisse populaire Desjardins.

Quant à la hausse de prix des matériaux et travaux récentes, Mme Sagna a été directe. « En faisant un appel d’offres publiques, les entreprises s’engagent avec ce qu’ils ont dit. Ceux qui ont soumissionné nous le diront, mais nous ne signerons pas s’il y a de l’incertitude de prix. Les entrepreneurs ont intérêt à aligner leurs flûtes. Ils savent à qui ils ont affaire. Nous sommes un organisme communautaire, on ne veut pas de surprise », a-t-elle affirmé.

Avec une bâtisse précaire qui a plus d’une centaine d’années, ils y voient une détérioration grandissante et ont hâte d’y voir un avancement concret. Avant de tester pour une démolition et construction, ils ont tâté le terrain de la location. Mais ils auraient dû payer près de 3500 à 4000 dollars par mois pour louer, des montants impossibles pour le Regroupement des femmes.

La Ville de Matane leur avait déjà proposé les installations de la Co.Mode Verte en parallèle avec la Cuisine collective de Matane, mais cela n’a pas fonctionné. « On aurait été dans la cave. Imaginez des femmes totalement démunies qui arrivent pour de l’aide dans un trou noir », a explqué Mme Sagna. Et avec un prix de location plutôt faramineux, cela leur aurait coûté beaucoup plus cher que démolir et reconstruire.

Pendant la crise de la COVID-19, le Regroupement des femmes a continuellement assuré ses services, même pendant la première vague ou la saison estivale. « Il y a beaucoup de demande et on répond aux besoins. Notre priorité, c’est les femmes », a soutenu Thérèse Sagna. Leur centre reste ouvert encore aujourd’hui, où trois employés incluant Mme Sagna y travaillent sur place.

D’ici deux semaines, leur positionnement sera plus clair. « On a déjà avancer plusieurs fois, puis la décision la plus sage était de dire non. Bouger, ça va bouger. Comment, vers quoi, c’est ça qui reste. On ne peut plus attendre », a lâché Sagna.