Éphémérides du 30 juillet : un nouveau chemin de croix signé Simone Hudon à l’église de Saint-Ulric en 1939

Au bas du passe-partout de chacune des gravures est inscrit le titre. Photo : Collection Romain Pelletier

Le 30 juillet 1939, officiellement autorisé en 1938, le nouveau Chemin de croix de l’église de Saint-Ulric réalisée par Simone Hudon est solennellement « érigé » par l’évêque lui-même, Mgr Georges Courchesne.

Les quatorze gravures, encadrées et sous verre, ne seront pas accrochées aux murs comme c’est généralement le cas, mais plutôt fixées sur chacune des colonnes de l’église, au nombre prédestiné de quatorze, sept de chaque côté de la nef. Au bas du passe-partout de chacune est inscrit le titre : « Jésus est condamné à mort », « Jésus est chargé de sa croix », « Jésus est remis à sa mère », etc.

Le pari du curé Joseph-Wilfrid Dionne (1885-1957) aura sans doute été le bon, encore que l’on ignore ce que pensèrent vraiment les fidèles ulricois de 1939 devant ces quatorze stations sombres et austères, en remplacement de celles de Luigi Morgari désormais déplacées vers la sacristie dont elles ornent encore discrètement les murs.

À l’évidence doté d’un caractère intrépide et confiant, le curé de Saint-Ulric, Joseph-Wilfrid Dionne, accepta l’audacieux projet que lui proposait, en 1938, cette artiste de 33 ans, professeure à l’École des Beaux-Arts de Québec. misa donc à la fois sur le talent de Simone Hudon et sur la capacité d’accueil des fidèles de sa paroisse. Après tout, il les connaissait bien…

Les gravures, encadrées et sous verre sont fixées sur chacune des colonnes de l’église. Photo : Collection Romain Pelletier

Style extrêmement dépouillé

Le chemin de croix de Simone Hudon sera d’un style extrêmement dépouillé, éminemment novateur, pour ne pas dire provocateur. Peu d’églises, s’il en est, exposent un Chemin de croix de ce style, fait de sobres gravures. On leur préfère généralement la peinture ou la sculpture.

Avant-gardiste, Simone Hudon courait donc le risque de heurter les habitudes d’un clergé plutôt conservateur. Elle courait plus encore le risque de déplaire aux fidèles de Saint-Ulric, habitués qu’ils étaient, depuis soixante ans, aux personnages colorés et nombreux, très conventionnels, sans surprises et donc rassurants, du chemin de croix du peintre italien Luigi Morgari (1857-1935) : de la couleur, beaucoup de personnages, des costumes d’époque…

Issu d’une famille de Turin (Italie) productrice de décorations religieuses, ce Luigi Morgari n’avait que 22 ans quand, en 1879, il apposa sa signature au bas de son chemin de croix.

Oeuvre audacieuse

Jusqu’en 1939, aucun fidèle ulricois, sans doute, n’en avait encore questionné, à aucun moment, la qualité ou le style. Il faisait partie de l’église, point. Comme le clocher, la balustrade et l’autel. C’est ce Chemin de croix tranquille et pas dérangeant que, tout à coup, l’oeuvre audacieuse de Simone Hudon allait refouler dans la sacristie pour oser prendre sa place dans l’église. Le changement dut être si radical que quelques fidèles, à n’en pas douter, en marquèrent le coup. Très extériorisée, sinon même spectaculaire chez Morgari, la tragédie du Christ était plutôt, chez Simone Hudon, très intériorisée, pour ne pas dire intime, ce qui en faisait, écrira l’historienne de l’art Ginette Laroche, une oeuvre « conçue moins comme une illustration du chemin de la croix qu’un incitatif à la méditation ». (Notes tirées du a publication Les oeuvres d’art dans l’église de Saint-Ulric, Solange Cantin et Jacques Keable)

Le peintre Luigi Morgari n’avait que 22 ans quand, en 1879, il apposa sa signature au bas de son chemin de croix, relégué dans la sacristie. Photo : Collection Romain Pelletier

Autres éphémérides

Le 30 juillet 1879, François Saucier termine comme maître de poste au bureau de Baie-des-Sables. Il l’était depuis le 1er août 1864.

Le 30 juillet 1791, les premiers actes que l’on trouve aux registres de Rimouski concernant Matane sont deux actes de baptême, en 1791. Les voici dans leur forme originale à cause de leur valeur historique. « L’an mil sept cent quatre vingt onze le trente du mois de juillet par nous prêtre soussigné curé des paroisses de Lyle Verte (Île verte) et Rimouski a été baptisé sous condition Pierre après avoir été ondoyé à la maison, né le quinze juillet de l’année dernière du légitime mariage de Théodort Keben (Kable) et de Marie-Louise Cameron habitant à Matane. Le parrain a été Pierre Benoit et la marraine Geneviève Makinal qui ont avec la mère présente déclaré ne savoir signer de ce requis suivant l’ordonnance double entre nous. » Jh. Paquet, ptre.

« L’an mil sept cent quatre vingt onze le trente du mois de juillet a été baptisé sous condition Marguerite, née le vingt huit de juin de l’année dernière du légitime mariage de Nicolas Makinal et de Catherine maguedeline habitant à Matane, le parein a été Joseph Bistodo et la maraine magdeleine Makinal, le parein seul a signé avec nous la mère présente ». Joseph Bistodau – Jh. Paquet, ptre.

Le 30 juillet 1916, naissance de Narcisse Antoine Santerre à Matane. Fils de Louis et de Marie-Anne Dion. Caporal suppléant au Royal 22° Régiment, matricule: E/41986, il décédera le 14 septembre 1944. Lieu de sépulture : Gradara, en Italie.

Le 30 juillet 1921, naufrage partiel du bateau Mina Brea, en route d’Halifax à Montréal, qui subit des dommages de 10 000 $ lorsqu’il s’échoue à Matane. Son capitaine est suspendu pour quatorze mois et son assistant pour six mois, ayant été accusés d’avoir conduit trop proche de la rive.

Le 30 juillet 1947, fondation de la paroisse Saint-Rédempteur par Mgr Georges Courchesne. Nomination du premier desservant, l’abbé Zénon Soucy, curé fondateur de l’église Saint-Rédempteur. Né à Saint-Ulric de la Rivière-Blanche, il démontre ses grandes qualités de rassembleur et de développeur. Comme il n’y avait aucun local et pour les fidèles le dimanche et pour le curé, les offices paroissiaux ont continué comme à l’ordinaire à l’église de Saint-Jérôme jusqu’au 30 novembre 1947-où la première messe à Saint-Rédempteur fut célébrée dans le sous-sol de l’ancienne église.

Le 30 juillet 1952, noyade d’Oscar Tremblay de Sainte-Félicité. Son corps a été retrouvé en 1953 sur la berge de la rivière Moisie par des autochtones. En 1946, il transportait par camion du lait à la beurrerie de Joseph Tremblay.

Le 30 juillet 1954, les électeurs propriétaires de la Ville de Matane approuvent le règlement no 261 décrétant un emprunt de 135 000 $ pour réparer la côte rue Saint-Joseph, construire une seconde conduite d’amenée d’eau de l’avenue D’Amours à l’avenue Saint-Jérôme, ouvrir de nouvelles rues à Saint-Rédempteur, construire des trottoirs de béton sur l’avenue Desjardins sur une distance de 1 400 pieds.

Le 30 juillet 1957, Mgr Giovanni Panico, délégué apostolique du Canada, est reçu officiellement par la Ville de Matane.

Le 30 juillet 1972, hommage à Hugues Lapointe, lieutenant-gouverneur de la province de Québec, reçu officiellement par la Ville de Matane, à l’occasion de la remise de la coupe du Lieutenant-Gouverneur au gagnant de la course de Voiliers.

Le 30 juillet 1988, première des deux journées des Grandes trouvailles des anciens de Saint-Thomas-de-Cherbourg à la Polyvalente de Matane. Au total, 625 personnes participent au souper et à la soirée. Elles se rendent à la messe dite sur l’ancien parvis de l’église du village.Le chanteur vedette Marc Hamilton y a passé une partie de son enfance. À l’âge de 26 ans, il a composé la chanson Comme j’ai toujours envie d’aimer, lors d’un voyage en France, en 1969. Elle a été reprise en 15 langues dans plus de 70 pays.

Le 30 juillet 2016, la reine du country au Québec, Julie Daraîche, se produit sur la scène du 24e Festival country de Matane, au saloon, au Colisée Béton Provincial. Photo : Collection Romain Pelletier