Hausse de la détresse et inquiétudes entourant la santé mentale au Bas-Saint-Laurent

La santé mentale est sur toutes les lèvres, en commençant par celles du premier ministre François Legault. Des inquiétudes tournent autour d’une possible croissance des problèmes de santé mentale au sein de la population québécoise, et la région du Bas-Saint-Laurent n’est pas épargnée.

Avec novembre à nos portes, connu comme un des mois les plus dépressifs et les plus meurtriers en ce qui à trait au suicide, plusieurs organismes communautaires et ressources du Bas-Saint-Laurent se sont prononcés sur la présente demande en santé mentale.

Chez l’organisme Le Marigot de Matane, la directrice Vicky Truchon a derechef témoigné sur la frénésie de la situation actuelle. « Où les gens ont été très isolés, où certains endroits traînent les disputes entre les voisins d’un même bloc d’appartement [à propos des mesures sanitaires]… C’est sûr que comme partout, c’est inquiétant. »

L’organisme poursuit son travail constant de sensibilisation et de démystification des concepts, en plus d’aider les gens du mieux qu’ils peuvent. « Souvent, des gens vont nous demander des conseils pour les gens de leur entourage, car on voit beaucoup d’anxiété, comme des gens qui ne sont pas allés à l’épicerie depuis le début de la pandémie. C’est effrayant », a-t-elle affirmé.

Ces prochains mois, ils continueront de mettre l’épaule à la roue, et espèrent pouvoir accueillir encore plus de gens et de donner plus de services. « Mais on vit au jour le jour avec ce qui arrive. Les choses bougent vite », a débuté Mme Truchon. « La grippe arrive, alors les gens sont encore plus anxieux. Le nez qui coule, et la population se demande si c’est la COVID-19. Les gens se diagnostiquent entre eux, entre voisins. »

Elle ajoute qu’à l’automne, il y a toujours une petite baisse de moral. Malgré tout, ils trouveront les moyens d’aider leur clientèle. « Le contexte n’est pas favorable à garder une bonne santé mentale, mais on travaille fort pour les gens qui nous fréquentent. On fait de notre mieux. »

À Rimouski, l’organisme communautaire La lueur de l’espoir du Bas-Saint-Laurent travaille auprès des membres de l’entourage ayant un enfant ou un proche aux prises avec des problèmes de santé mentale. Et selon son directeur Michel Huard, la préoccupation des proches se fait exacerber par la situation vécue actuellement.

« C’est évident que les gens se sont sentis démunis dans leur pouvoir, et inquiets à partir du moment où on a instauré la distanciation sociale, surtout avec l’interdiction de voir les familles », a soutenu Michel Huard, renchérissant que nous vivons présentement une période de surmenage importante.

La lueur de l’espoir a d’ailleurs observé une hausse des demandes et une augmentation de l’importance de la détresse de la part des familles. Selon M. Huard, ces personnes plus vulnérables se font encore plus pointer du doigt ou percevoir de manière négative que la normale, favorisant d’un même pas l’isolement et leur retrait de la société.

« Actuellement, on gère bien cette crise, mais notre plus grande inquiétude, c’est l’après », a conclu Michel Huard. « Quand on va sortir de la COVID-19, je pense que les gens ayant vécu des pressions sociales importantes vont avoir besoin de beaucoup de support et beaucoup de réconfort. Et à la fin, il va y avoir un besoin de défoulement, et une volonté de récupérer contact avec leurs proches, mais dans quel état seront-ils. Le réseau de santé explose. »

L’organisme québécois Santé mentale Québec, section Bas-Saint-Laurent a également senti une grande oppression au sein de la population bas-laurentienne. « Surtout à la première vague, parce que plusieurs se trouvaient sans emploi, ou isolés à la maison avec les enfants et leur conjoint. Nous avions une grande demande pour l’écoute sur la ligne téléphonique », a énoncé l’intervenante Pamela Bérubé Jean.

D’après elle, l’organisme aurait vu une grande augmentation des appels au printemps, pendant les mois de mars, d’avril et de mai. « Mais j’ai tendance à croire que lorsque le changement d’heure va arriver bientôt, avec le mois de novembre et la noirceur, et je ne peux pas le prévoir, mais j’ai un feeling qu’on va peut-être avoir une relance. »

Chez SMQ-BSL, les besoins pour l’écoute pourraient revenir en force. « En temps normal, novembre est toujours un mois qui un peu plus difficile pour la clientèle, mais à savoir si cette année, ce sera similaire ou de façon exponentielle avec la réalité de la pandémie », a-t-elle précisé. 

Les trois organismes poursuivent à l’heure actuelle leurs activités et leurs initiatives auprès des personnes en détresse. Si vous êtes en proie à de l’anxiété liée à la COVID-19 ou n’importe quel problème de santé mentale, ils vous invitent à les rejoindre par téléphone.