La tordeuse des bourgeons de l’épinette fait des ravages

Crédit photo : Facebook de la SOPFIM

Alors que les températures ont atteint de nouveaux hauts et que les insectes ravageurs continuent de se développer rapidement, la SOPFIM essaie tant bien que mal de poursuivre ses opérations de pulvérisation cette année en temps de pandémie.

Selon Jean-Yves Arsenault, directeur général de la SOPFIM, la progression de la tordeuse des bourgeons de l’épinette a certainement rasé plus d’un million d’hectares de forêts cette année. L’année précédente, le gouvernement québécois a compté 6,9 millions de cas légers, modérés ou graves. « Les températures que nous avons, très chaudes, favorisent le développement rapide de l’insecte », explique-t-il. En effet, cet insecte ravageur mange lorsqu’il fait chaud et ainsi, se développe très rapidement lors de jours consécutifs de chaleur. « Je crois qu’il y aura beaucoup de dégâts cette année », ajoute-t-il. 

Il ne peut cependant pas donner les données annuelles officielles quant au développement de l’insecte cette année. Il sera possible de les obtenir et en tirer des conclusions uniquement lorsque le gouvernement aura fini son survol aérien des dommages, qui aura lieu en fin août. 

Originellement, la mission de la SOPFIM est de préserver 50 % du feuillage des forêts. Ils empêchent l’insecte de se nourrir sur la flore en pulvérisant de l’insecticide biologique appelé Btk sur une portion du territoire, afin que ces forêts puissent être récupérées d’ici 5 à 10 ans.

Notons que les opérations de pulvérisations de 2020 ont été conclues le 4 juillet dernier sur une superficie d’environ 188 000 hectares, selon la direction de la SOPFIM, pendant 7 à 8 semaines, soit plus ou moins 98 % en forêt privée par hélicoptère et 85 % en forêt publique.

Cette année, le programme ne comportait que 111 500 hectares, le volume devant être réduit à cause de la pandémie. Normalement, la SOPFIM se déploie au Saguenay, dans la Côte-Nord, au Bas Saint-Laurent et en Gaspésie. Le déplacement sur certains territoires n’était pas possible pendant la crise, suite à des barrage routiers et au confinement des régions.

Près de 300 employés étaient censés travailler au début de l’été, mais malheureusement, les hôtels et les restaurants restaient fermés. Une centaine d’avions devaient également se déplacer pour leurs opérations, mais la SOPFIM a dû poursuivre avec des hélicoptères, à la différence des avions qui ont besoin de bases d’opération dans les aéroports. « La logistique de travaux doit être bien organisée afin que le travail soit bien fait », lance le directeur général.

Une autre problématique de la COVID-19, selon Jean-Yves Arsenault, ce sont les gens qui se déplaçaient des provinces canadiennes comme le Manitoba et l’Alberta pour travailler, ou des pilotes de l’Australie qui venaient travailler au Canada et maintenant qui ne peuvent plus. Avec une quarantaine obligatoire de 14 jours et des déplacements dans de nouveaux secteurs, « ça devenait très difficile d’assurer leur sécurité pendant la pandémie ».

L’équipe administrative de la SOPFIM est toujours en télétravail, mais la situation risque de revenir à la normale en août. Au début de la crise, l’organisme a mis sur pied un plan d’urgence pour pouvoir continuer les opérations sans danger. « Si la pandémie revient pour la saison de 2021, il faut être prêt. Ainsi, dans le futur, on testera notre plan de contingence et vérifiera la participation des gens du milieu, comme les auberges, hôtels et restaurants », conclut-il.

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