Le Cégep de Matane veut accueillir 10 étudiant.e.s dans son programme d’urbanisme à l’automne 2024

La directrice des études, Brigitte Chrétien, l’enseignant Yannick Malouin et le responsable de l’urbanisme à la Ville de Matane, Jérémie Juaire D’Arcy, voient d’un bon œil l’inclusion de l’apprentissage en milieu de travail. Photo Romain Pelletier

Appuyé par les milieux municipal et privé, le Cégep de Matane relance le programme « Techniques d’urbanisme ».

Cela passe entre autres par le développement de l’apprentissage en milieu de travail et divers incitatifs financiers comme le loyer pour la première année, le prêt d’un ordinateur et une bourse d’accueil. Ce qui peut totaliser 6 000 $. 

L’objectif de l’institution pour l’automne 2024 dans ce programme existant depuis 1972 : attirer 10 étudiant.e.s, alors qu’il n’en accueille que cinq cette année en troisième année et aucun en première et deuxième année. Au total, il en compte 610 cette année en formation régulière et 500 en formation continue.

Cette année, le Cégep de Matane accueille 610 étudiant.e.s en formation régulière et 500 en formation continue. Photo Romain Pelletier

Un projet-pilote pour répondre à un besoin criant de main-d’œuvre

Trois entreprises et organisations municipales se sont déjà engagées à participer à ce projet-pilote (la Ville de Matane, la MRC de La Matapédia, Asselin & Asselin). Quatre autres ont fait part de leur appui à l’initiative (la MRC de La Côte-de-Gaspé, la Chambre de commerce et d’industrie de La Matanie, le Collectif régional de développement du Bas-Saint-Laurent et la firme d’arpenteurs-géomètres AG 360).

Selon la directrice des études, Brigitte Chretien, ce projet-pilote survient au moment où il existe un besoin criant de ces technicien.ne.s dans l’Est du Québec. Elle se dit heureuse de constater « la réactivité du milieu face à l’urgence de la situation », en rappelant que les admissions en première année du programme avaient été suspendues pour la rentrée d’automne 2023.

Taux de placement de 100 % depuis des années

Actuellement, le programme d’urbanisme est offert seulement dans deux autres cégeps au Québec, soit Jonquière et Rosemont, qui forment environ nationalement 25 personnes diplômées par année. Et il ne permet pas de combler les besoins du marché du travail, accentués par les départs à la retraite et l’augmentation du taux de roulement du personnel.

« Depuis plusieurs années, le taux de placement est de 100 %, pour des salaires à l’entrée de 25 à 30 $ l’heure. Il importe donc de rendre notre formation encore plus attrayante », indique l’enseignant Yannick Malouin.

La directrice des études, Brigitte Chrétien, l’enseignant Yannick Malouin et le responsable de l’urbanisme à la Ville de Matane, Jérémie Juaire D’Arcy, lors de la conférence de presse. Photo Romain Pelletier

À elle seule, la firme rimouskoise d’arpenteurs-géomètres Asselin & Asselin a présentement une dizaine de postes à pourvoir.

Son président, Michel Asselin, qualifie cette relance « d’initiative prometteuse qui permettra de former des personnes diplômées d’une qualité encore supérieure, pour mieux répondre à nos besoins ».

De son côté, le responsable de l’urbanisme à la Ville de Matane, Jérémie Juaire D’Arcy, dit que la municipalité est « heureuse de s’associer à cette initiative novatrice ».

Elle y voit l’occasion idéale de garantir des services de qualité à la population, en pouvant compter sur des techniciennes et techniciens qui auront cumulé encore plus d’expérience sur le terrain, dans un contexte où les responsabilités des municipalités dans le domaine sont grandissantes.