Les activités de la Fondation de l’hôpital mises sur la glace

Les activités de la Fondation de l’hôpital de Matane sont en arrêt pour le moment par manque de financement et pour cause des restrictions commandées par le gouvernement. Fermée depuis le 18 mars, l’aile réservée à la Fondation ne reprendra qu’à l’automne, dépendamment des développements éventuels de la pandémie.

Le financement octroyé à la Fondation de l’hôpital a été réduit de 90 %, car aucun événement ne peut être organisé pour le moment et leur comptoir de ventes sur place est présentement fermé. Le seul financement restant provient de la campagne arc-en-ciel, lancée en mars à l’arrivée de la pandémie. La campagne postale tient toujours, mais elle est loin d’être lucrative, confesse Marie-Josée Lapointe, directrice générale de la Fondation de l’hôpital de Matane.

« Je vous avoue que présentement il se passe absolument rien », affirme Marie-Josée Lapointe. « Comme nous attendons normalement 150 à 200 personnes par événement, il n’y a rien de prévu pour le moment. On ne peut rien faire à cause de la COVID-19 et des règles sanitaires. » Il n’y a qu’un employé qui travaille présentement à la Fondation de l’hôpital de Matane, et c’est Mme Lapointe, qui s’occupe des tâches administratives.

Les opérations de la Fondation ont été les premières à être freinées dans l’hôpital, le 18 mars. Alors que les subventions à l’interne sont réservées à tout ce qui entoure la COVID-19, le reste de leur personnel régulier reçoit la subvention salariale du gouvernement fédéral depuis mars, ce qui « sauve la donne pour les employés », ajoute Mme Lapointe. « On verra comment l’automne se passera, mais nous ne voyons pas le bout du tunnel avant janvier 2021. » 

Les activités de financement de la Fondation de l’hôpital de Matane permettent d’acheter de l’équipement à la fine pointe de la technologie en complément de ce qui est acheté par le CISSS du Bas Saint-Laurent. La fondation est un levier dans la communauté pour amasser plus de sous, selon Lapointe. Sans revenus, certains besoins urgents et émergents de l’hôpital de Matane ne seront donc pas répondus en 2020 par manque d’argent.

« Le plus triste, c’est que nous n’aurons pas de financement pour les équipements médicaux », explique la directrice générale. En février, l’équipe de la Fondation de l’hôpital fournit une liste des besoins de leurs installations, et cette année, cette liste ne sera pas honorée. D’après Mme Lapointe, les besoins comblés présentement à l’hôpital sont entièrement dédiés à la COVID-19, au détriment de plusieurs autres départements. « Par exemple, un chirurgien vient d’arriver à Matane et il souhaite développer le bloc opératoire, ce qui ne sera pas possible avant un bout », explique Lapointe. « Nous voulons le soutenir pour qu’il reste. »

Sur chaque dollar remis à la Fondation de l’hôpital de Matane, 93 cents sont utilisés à acquérir du nouvel équipement ou financer un projet. Par conséquent, les 7 cents restants sont versés au salaire des employés. « Si on ne reçoit pas d’argent, on ne peut pas payer des employés ou acheter du matériel de base pour nos équipes », soutient Mme Lapointe.

Marie-Josée Lapointe se dit chamboulée de la situation : « Je n’ai jamais vu ça de toute ma carrière en philanthropie. C’est une catastrophe pour les organismes communautaires. » Les gens se sont tournées vers l’alimentaire pendant la crise, mais il ne faut oublier qu’il y d’autres besoins dans la communauté, selon ses dires. « Annuellement, plus de 2,5 millions de dollars sont financés pour les centres hospitaliers par les huit fondations d’hôpitaux du Bas Saint-Laurent, et cette année ce ne sera pas le cas », admet-elle.

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