Les affaires roulent à la Coopérative alimentaire de St-Luc

La gérante Nadia D'Astous, à l'entrée de la coopérative. Crédit photo : Arsenal Media

En opération depuis décembre 2019, la Coopérative alimentaire à Saint-Luc-de-Matane fait présentement face à une première année plutôt rocambolesque. Mais malgré la pandémie, les affaires vont bien et elle réussit à garder sa tête hors de l’eau. Reportage produit dans le cadre de la Semaine de la coopération.

« En ce moment, la coopérative va très bien », a lancé la gérante et directrice Nadia D’Astous, en poste depuis le 1er avril dernier. « Les gens sont là, et ils sont contents. Le nombre de fois que j’entends le commentaire, “c’est tu le fun d’avoir un dépanneur, pas besoin de descendre en ville pour une pinte de lait ou un pain”, alors on voit qu’ils apprécient vraiment. »

Avec une grande variété de produits allant des fruits et légumes à la viande fraîche jusqu’aux aliments de base, la coopérative n’est pas qu’un simple dépanneur. « Je me rappelle d’un monsieur qui voulait préparer une soupe aux légumes pour sa fille, mais il n’avait plus de navet ni de céleri chez lui. Sa femme ne croyait pas qu’il y en avait à la coop, mais il a décidé d’arrêter et il en avait! Il était très content », a-t-elle présenté en exemple.

Arrivée au début du confinement de la première vague, Mme D’Astous a été témoin des déboires résultat de la crise et des développements du commerce. La coop a été légèrement ébranlée par la pandémie, mais très temporairement. « Nous n’avons pas encore vécu de véritable année encore… Après un super début, nous avons dû raccourcir nos heures d’ouverture quand tout fermait en mars, les gens ne sortaient plus », explique-t-elle. Ils ont progressivement rouvert jusqu’à un retour plus ou moins à la normale en mai.

Les clients ont continué à fréquenter la coopérative, qui a essayé de répondre à leur besoins pendant la pandémie, notamment en leur fournissant de la levure et des sacs de farine de 20 kg. Ils ont également instauré la livraison, mais personne ne l’a utilisée, donc ils ont laissé tomber.

Pour leur approvisionnement, ils privilégient continuellement les producteurs locaux. L’équipe vérifie toujours auprès des compagnies locales d’abord : en ce moment, ils offrent les produits de la Ferme des Érables, Mycobio, la Fromagerie du Littoral et finalement, Gaz Lamarre pour le propane. Plusieurs se déplacent spécialement pour s’emparer de ces produits.

Avec des clients venant évidemment de Saint-Luc, mais aussi de Saint-René ou de Matane, en chemin vers leur chalet, la plupart y achète des épiceries quasi-complètes. « Souvent ils viennent ici avant de descendre en ville, donc il va acheter la majorité à la coop, puis le reste, en ville. Nous ce qu’on veut, c’est qu’ils descendent le moins possible en ville. L’objectif, c’est qu’ils puissent tout acheter ici, donc qu’ils ne doivent pas se déplacer en ville à Matane », a expliqué D’Astous.

Il est possible d’y identifier deux types de clientèle : une qui occasionnelle, qui s’arrêtera en passant pour mettre de l’essence ou pour acheter un produit dernière minute, puis celle qui est régulière, qui y fera son épicerie fréquemment. 

Souvent, ce sont des produits rarissimes qui manqueront à leur épicerie, comme des sauces à dessert ou des condiments à fondue, par exemple. « Mais s’ils sont obligés de descendre pour une sauce à fondue ou pour ci ou pour ça, ils achètent le reste de leur épicerie, dont des produits qui se trouvent déjà à la coop », a enchaîné Nadia D’Astous.

Elle avoue qu’il peut être difficile de compétitionner avec des grosses épiceries comme Maxi et IGA trouvées à Matane. « Mais nos prix ne sont pas plus chers. Ça se compare très bien, et la plupart l’ont remarqué », précise-t-elle. En effet, pendant le confinement en mars, les gens préféraient aller à la coopérative plutôt qu’en ville pour l’accès aux produits locaux et la baisse d’achalandage.

Présentement, la Coopérative alimentaire de St-Luc comporte 320 membres, dont une vingtaine de plus qu’à ses débuts. Pour l’instant, les membres n’ont pas de rabais comme tels avec leur contribution de 200 dollars, et ne reçoivent pas de ristournes en fin d’année non plus, comme la coopérative en est encore à ses débuts. Ils font toutefois des tirages à tous les mois d’une carte-cadeau d’essence de 50 $ et depuis deux mois maintenant, de produits fins locaux. 

Depuis l’arrivée de Nadia D’Astous comme gérante en avril, elle n’aurait vu que deux membres quitter. Les remboursements sont accordés pour les gens qui décident de se retirer de la coopérative. Et actuellement, les ventes sont partagées de manière égale entre les membres et les non-membres. Une quatrième allée sera prochainement ajoutée aux trois déjà existantes avec des nouveaux produits qui s’en viennent, dont certains qui sont fortement réclamés par les clients. 

« Moi, j’aimerais beaucoup entrer de nouveaux produits, mais je me fais souvent arrêter parce qu’il nous manque de place. Nous n’avons qu’un réfrigérateur pour stocker les produits », a-t-elle déclaré. Les casiers postaux devraient être éventuellement installés, mais la COVID-19 a retardé cette arrivée. En effet, ceux du village seront déménagés dans la Coopérative alimentaire. « Il y aura une hausse de fréquentation, et les gens découvriront le commerce en allant chercher leur courrier! »