Les conséquences économiques de l’absence d’étudiants étrangers se font sentir

Crédit photo : Arsenal Media

À cause des restrictions de voyage en lien avec la pandémie, le Cégep de Matane est privée de 120 étudiants étrangers à la session automnale. Selon les calculs du cégep, cette absence implique des pertes économiques de plus d’1,8 millions de dollars pour la communauté matanaise, sans compter les impacts sociaux et culturels qui s’ensuivent.

Le 10 août dernier, le Cégep de Matane comptait officiellement 668 étudiants parmi ses rangs, soit une soixantaine d’étudiants de moins que l’an dernier. Une importante absence d’étudiants étrangers brille cette année, occasionnant une baisse de la population étudiante.

Plusieurs experts économiques locaux s’entendent pour dire que ce manque exceptionnel d’étudiants étrangers engendre des conséquences importantes sur notre économie locale. En effet, ces jeunes adultes obtiennent des emplois à temps partiel à Matane, répondant ainsi à des besoins de main d’oeuvre, ils louent des logements à Matane dans les résidences du campus ou dans des blocs d’appartement, en plus de consommer dans les commerces en ville. 

Dernièrement, l’administration du Cégep de Matane a étudié la somme d’argent représentée par chaque étudiant, calculant finalement des retombées économiques de 15 000 $ dans le milieu pendant leurs sessions d’études. « Les sommes pourraient être plus hautes, car nous sommes rigoureux dans notre calcul », explique Brigitte Lavoie, coordonnatrice des communications et du développement international.

Environ 120 étudiants étaient absents à la rentrée du cégep le 24 août. Si chacun d’eux valait en moyenne 15 000 $, la perte d’argent qui en résulte devrait tourner autour de 1,8 millions $. « C’est beaucoup d’argent pour le milieu, et ça c’est juste pour l’automne », dit Mme Lavoie.

D’autres retombées sociales et culturelles peuvent être comptabilisées. « Ces gens-là colorent notre société, donnent une dimension nouvelle et interculturelle et nous ouvrent à l’international, ce qui n’est pas possible lorsque ces gens sont absents », renchérit Mme Lavoie. Néanmoins, 250 étudiants étrangers de deuxième et troisième année demeurent à Matane, représentant environ 37 % de la population étudiante, comparativement à 45 % l’année précédente.

L’absence de ces étudiants a également des grandes conséquences sur le cégep, notamment en matière d’internationalisation de l’école. Selon Brigitte Lavoie, ces étudiants apportent des échanges culturels et sociaux avec les étudiants québécois. De plus, les programmes du cégep sont également moins remplis, fragilisant les programmes qui ont des problèmes de recrutement. Et comme la population étudiante diminue, le financement reçu du ministère diminue d’un même pas.

« Tous les emplois que ces personnes-là ont pendant leurs études, par exemple les épiceries ou les commerces de détail, ce sont des services où la main d’oeuvre est pratiquement en pénurie. Le souhait des Matanais est que ces gens demeurent à Matane après leur formation et qu’ils puissent être intégrés à notre communauté. Une année de moins, c’est déjà une grande perte », explique Annie Fournier, directrice générale de la SADC de la région de Matane.

Depuis le début des années 2000, le Cégep de Matane a investi dans le développement d’un marché porteur à l’international afin d’augmenter son bassin d’étudiants. C’est grâce à des partenariats avec des écoles francophones à l’étranger que la clientèle étudiants du cégep s’est accrue avec les années. Brigitte Lavoie confirme qu’une enquête est présentement en cours au cégep pour documenter où les mouvements et les occupations de ces populations d’étudiants.

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