PORTRAIT | Le jeune hockeyeur prometteur de Matane, Charle Truchon

Photo courtoisie.

Charle Truchon, âgé de 17 ans, en est à sa deuxième année avec les Remparts de Québec de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, et déjà, il se démarque par son excellence sportive et académique au sein de l’équipe. Celui-ci a même remporté le prix Dr Sylvain Simard de l’année 2020 dans la catégorie bronze pour ses résultats d’exception.

Devant toujours composer avec les restrictions liées à la pandémie, la Ligue de hockey junior majeur du Québec a dû relancer les parties du printemps en séparant les équipes en « bulles » ou en environnement protégé. Les Remparts de Québec, eux, ont relancé les entraînements d’équipe le 3 janvier. Vendredi dernier, ils ont quitté le Centre Vidéotron pour jouer six parties sur une période de 10 jours.

Selon le numéro 47 des Remparts de Québec, Charle Truchon, une trentaine de parties sont prévues pour les Remparts de Québec, et ce, même si l’horaire ne soit pas encore établi. Suivant les parties arriveront les séries éliminatoires, mais les dates n’ont pas été annoncées. Dans tous les cas, il espère retrouver l’ensemble de sa famille à Matane à la fin de la saison.

En mi-janvier, le jeune Truchon a appris avec ravissement qu’il recevra le Prix Dr Sylvain Simard en rapport avec son excellence académique. « Si j’étais surpris, oui et non. Au début de l’année, quand je me suis inscrit, je savais que j’avais eu une belle année l’année passée. Ça a donc été une bonne nouvelle quand je l’ai su. » Il travaille fort à l’école, donc il juge cette récompense être bien méritée. « L’école, c’est très important pour moi, alors c’est le fun de recevoir la reconnaissance quand tes affaires marchent bien », a-t-il lancé.

Il étudie actuellement en sciences de la nature à travers le programme de Cégep à distance, mais l’équipe est affiliée au Cégep Limoilou. Et bien qu’il ait plusieurs cours actuellement, il arrive à tenir le rythme en alliant victorieusement école et hockey. « Il est juste important de ne pas prendre de congé. Chaque jour, j’avance mes travaux ou j’étudie. Je n’ai jamais de travaux par-dessus la tête, mais je dois être plus structuré et ordonné qu’un élève régulier », dit-il.

La semaine prochaine, même avec son horaire de hockey aussi occupé et ses six parties à Rimouski, il aura certainement des périodes d’études obligatoires. Même dans ses moments libres, il dit aimer ouvrir ses livres et compléter des petites tâches. « Je n’avance pas beaucoup, c’est quand même mieux que rien. Et au bout du compte ça parait quand même », a-t-il avancé.

Charle aimerait potentiellement aller à l’Université, mais il se concentre sur sa carrière d’athlète avant tout. « L’ingénierie ça m’intéresse beaucoup. Dans le cas où ma carrière de hockey ne se déroulerait pas comme je le voudrais, je pense que ce serait un bon “plan B” pour moi », dit celui se voyant avec un futur anneau de fer au doigt. Mais comme tous les hockeyeurs de talent, il rêve d’une grande carrière professionnelle.

« Avant même de penser à changer d’équipe, je veux vraiment profiter de mes années junior. Je suis super bien à Québec. Beaucoup disent que ce sont les plus belles années de leur vie, donc j’essaie de m’améliorer et de travailler fort. Et ensuite on verra ce qu’il arrivera », a-t-il affirmé. Charle Truchon dit prendre un pas à la fois et éviter de se projeter loin dans l’avenir.

Cette année, son objectif au sein des Remparts est de s’établir en tant que pilier dans les défenseurs et surtout, d’aider l’équipe à gagner. Bien que 2021 soit son année de repêchage, il ne s’y arrête pas. « Si je fais de bonnes choses, les recruteurs vont voir de belles choses. Je dois juste me concentrer sur ma saison avec les Remparts. Être repêché serait un bonus. » En espérant un jour intégrer les lignes nationales, il continue sur sa lancée et prend ce qu’il vient.

Passionné depuis le premier jour

C’est à ses cinq ans que Charle Truchon se lance dans l’univers du hockey. L’idée venait de son père, qui a lui aussi joué au hockey lorsqu’il était jeune garçon. Charle affirme que ses parents ne l’ont jamais poussé outre mesure à poursuivre le sport. « Le hockey a toujours été quelque chose de fun pour moi, donc je n’ai jamais eu besoin que quelqu’un me pousse à me donner, c’est toujours venu de moi. Je n’ai pas besoin de motivation supplémentaire. »

Après avoir complété l’école primaire à Matane s’est enchaîné un parcours au secondaire bien différent de la normale pour Charle. Son premier secondaire a été accompli à Mont-Joli lorsqu’il jouait pour le TGV Desjardins au Pee-Wee AA. En 2016, il revient à Matane pour une année seulement alors qu’il joue Bantam AAA, comme ses études se font majoritairement à distance. La semaine, il était à Matane, et la fin de semaine, il retrouvait son équipe dans un aréna.

Pour les deux années suivantes, troisième et quatrième secondaire, Charle fréquente le Collège Notre-Dame à Rivière-du-Loup, où il vivait en pension et jouait Midget AAA avec les Albatros. Et sa dernière année, en 2019 alors qu’il est recruté par les Remparts de Québec, il assiste aux cours du Séminaire Saint-François à Saint-Augustin-de-Desmaures. Tous ses déplacements étaient orchestrés pour suivre sa carrière de hockeyeur. Même si ces changements auraient pu être fatigants, « ce n’était pas un grand sacrifice à faire » pour continuer à vivre sa passion.

Si c’est horaire est extrêmement chargé pendant l’année scolaire, Charle se permet de revenir à Matane voir sa famille uniquement pendant le temps des Fêtes et l’été. « Je suis occupé toutes les semaines et toutes les fins de semaines, donc quand la saison finit, je peux venir me ressourcer chez nous. Et même si ça fait toujours du bien de retourner chez soi, je suis ici pour le hockey, j’aime ce que je fais, j’aime la ville, et j’aime l’équipe, alors je ne suis pas malheureux d’être loin de la maison », a révélé Truchon.

Et quand a-t-il compris qu’il était un joueur avec du talent? « Difficile à dire. J’aime le plaisir de la game. Encore aujourd’hui, je continue d’améliorer mon jeu et de travailler fort, et de fil en aiguille, j’ai monté les échelons. Ça m’a mené ici, et j’ai hâte de voir la suite des choses », s’est-il réjoui. Pendant la pandémie, il avait continué à s’entraîner en prévision de l’automne. 

Selon lui, une de ses plus grandes forces au hockey est sa polyvalence. « Je n’ai pas nécessairement de grande force, mais je n’ai pas nécessairement de grande faiblesse non plus. Dans n’importe quelle situation de jeu, je suis capable de tirer mon épingle du jeu et je ne serai pas dépaysé », a-t-il énoncé. Ce qu’il aimerait développer, par contre, c’est son jeu défensif.

Il renchérit : « En tant que défenseur, ça n’a jamais été ma plus grande force mon jeu défensif, donc c’est un des aspects que je dois travailler. Côté physique, tu peux toujours travailler sur ton corps pour qu’il soit plus performant, donc c’est aussi un objectif à moyen ou court terme. »

Lors des Jeux du Canada à Red Deer en 2019, son équipe a battu Ontario en finale. « Ce moment devait être une des meilleures expériences dans ma vie. On est tous des gars qui se connaissaient peu, et on venait de différentes villes du Québec. Et de former une équipe, gagner tous nos matchs et de battre l’Ontario, c’était vraiment incroyable ». D’après ses dires, ces deux semaines des Jeux étaient les plus belles de sa vie à date, au niveau sportif.

Et dans les prochains mois, pour ses performances de renom, Truchon sera ajouté au mur d’excellence du Colisée Béton-Provincial de Matane – annonce qu’il n’avait pas encore eu. L’auteure de l’article a été la première personne à le lui dire lors de leur appel. « Tu me l’apprends! Je suis super content. Tu entres dans l’arena et tu vois ton nom sur le mur […], c’est super gratifiant d’être à côté de grands noms comme Serge Bernier et Alain Côté qui ont joué dans la ligue nationale », s’est-il exclamé avec enthousiasme.

Sur ce, Charle Truchon dit ne pas avoir d’inspiration. Pour lui, le hockey est une passion et n’a besoin de personne pour paver sa route. « Je veux vraiment me faire mon chemin moi-même et on verra où ça va me mener, mais en travaillant fort comme je le fais, il n’y a que de bonnes choses qui peuvent m’arriver. » Il se concentre sur le hockey et les études, et le reste suivra.