Sébaste et crevette : une décision qui laisse Québec sur sa faim

Québec se montre très déçu de la tournure des événements à la suite de l’annonce d’Ottawa vendredi dernier alors que la ministre des Pêches, Diane Lebouthillier, a annoncé son plan de match pour la reprise de la pêche au sébaste et la baisse marquée des quotas de crevette.

Ottawa propose un minimum de 25 000 tonnes de sébaste dans une phase transitoire à compter de cette année alors que le quota de crevette est ramené à 3060 tonnes.

Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, André Lamontagne, affirme sa déception importante.

« Tout le monde reste sur sa faim et il y a un peu d’incrédulité après toutes ces années et ces consultations que ce soit ça leur compréhension du Québec ? C’est un peu surréel », constate M. Lamontagne.

« Dieu sait que moi, depuis que je suis en poste, avec les discussions avec quatre ministres des Pêches et le travail fait au Québec avec les transformateurs et les pêcheurs pour arrimer une position commune, avec les résultats, on se demande si on a eu beaucoup d’écoute », laisse tomber le ministre.

Le sébaste est un levier pour aider à la transition qui doit se faire dans l’industrie. « On avait demandé un signal pour accompagner les pêches en difficultés », indique M. Lamontagne.

Le ministre aurait aimé une direction claire et qu’Ottawa prenne acte des difficultés des crevettiers et envoie des signaux pour les accompagner.

Sur l’indication du prolongement de deux ans du Fonds des pêches, le ministre ne veut pas célébrer trop vite.

« Bien honnêtement, j’ai hâte de voir quand ce sera fait parce que ce qu’on veut, ce n’est pas seulement prolonger la période de décaissement, mais aussi la période d’investissement pour qu’on puisse utiliser tous les fonds. Ce n’est pas tout attaché et je suis dans l’attente d’une confirmation. Il faudra que le fédéral manifeste davantage de compréhension des impacts au Québec et témoigne de sa volonté d’accompagner et d’atténuer les difficultés », avertit le ministre québécois.

Selon les derniers chiffres, il resterait environ 10,5 millions $ dans le Fonds des pêches du Québec. L’orientation principale à court terme est de convenir la position du Québec et talonner Ottawa. « Ils ne nous ont pas envoyé un signal dans lequel ils sont mobilités pour atténuer les impacts », conclut le ministre provincial.

Collaboration Nelson Sergerie – Magaspesie.ca