Transport aérien régional : TREQ attend que Québec se mouille

Le financement serait à toutes fins pratiques complété, mais le moment où les premiers avions Q-400 de 74 places de la coopérative de transport aérien régional du Québec (TREQ) s’envoleront, reste à déterminer. Encore trop d’incertitudes subsistent, explique Serge Larivière, directeur général de la coopérative.

Les intentions du gouvernement du Québec pour soutenir le transport aérien régional représentent une première inconnue, souligne monsieur Larivière. « On nous avait dit que le gouvernement ferait [connaître ses intentions] en juin; il a suspendu son annonce et là on entend qu’il veut la faire à l’automne, mais là on n’a pas de date précise », indique-t-il.

Peu de détails filtrent quant aux intentions du ministère des Transports, sur le sujet. Au bureau du ministre François Bonnardel, on se limite à dire que du travail reste à faire avant de déposer un plan de soutien au transport aérien régional. « Ce qu’on entend, et on espère qu’on a mal compris, c’est que le gouvernement serait peut-être plus enclin à subventionner des transporteurs aériens, ce qui n’est pas notre volonté », indique le gestionnaire de la coopérative qui manifeste des doutes quant à l’efficacité d’une telle stratégie. « Ça fait 30 ans qu’on fait ça de subventionner Air Canada et d’autres et ça ne fonctionne pas. »

La direction de TREQ souhaite plutôt que Québec assure une certaine réglementation du transport aérien régional. Elle souhaite ainsi éviter qu’un gros joueur puisse débarquer dans le marché, réduise les prix et fasse mourir les plus petits joueurs. « L’aérien n’est pas différent des autres marchés, souligne Serge Larivière. On se rappelle dans l’industrie pétrolière à un moment donné, les grands monopoles essayaient de tuer les petits indépendants et il y a tout un mécanisme de prix plancher qui a été mis en place [par le gouvernement] pour pas que les gros viennent en bas des [prix] coûtants des petits, les tuent et reprennent le monopole pour ensuite remonter les prix. »

Encore la pandémie

Les conditions sanitaires représentent une autre source d’incertitude pour la coopérative de transport aérien régional. « Le passeport vaccinal, ça veut dire quoi pour un transporteur aérien? », s’interroge monsieur Larivière qui rappelle que personne ne sait quand la vie reprendra un rythme à peu près normal. « Les Américains disent qu’on sortira de la pandémie en mars, l’année prochaine. C’est vrai, ça, ou ce n’est pas vrai? On est là-dedans », témoigne le porte-parole de la coopérative.

L’achalandage dans les aéroports du Québec se ferait par ailleurs attendre. Moins du tiers de la clientèle habituelle aurait recommencé à fréquenter les aérogares, soutient Serge Larivière, qui y voit une situation défavorable pour une entreprise en démarrage. « Le trafic est revenu à 30%. C’est tu le temps de partir [en affaires] quand le trafic est revenu à 30%? »

Le directeur général de la coopérative prend par ailleurs les délais de lancement des premières liaisons avec philosophie. Le temps qui passe permet de bonifier le projet, dit-il, en donnant comme exemple l’entente conclue avec Carbone boréal de l’Université du Québec à Chicoutimi. L’entente de principe pourrait permettre à l’entreprise d’assurer des vols sans émissions de carbone.

Monsieur Larivière ajoute enfin que la patience s’impose dans le dossier de la coopérative. « On est là pour régler un problème vieux de 30 ans. On ne se lancera pas alors que les inconnues sont aussi grandes. »