Un projet-pilote pour structurer et développer la filière du phoque dans l’Est-du-Québec

Pierre-Olivier Lefrançois | 9 décembre 2025 | 09:26
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Un consortium réunissant des entreprises et des acteurs clés de la filière du phoque a déposé, la semaine dernière, un projet-pilote au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Issu d’une étude préliminaire commandée en 2024 par la MRC de La Haute-Gaspésie, ce projet vise à évaluer la faisabilité d’un modèle d’affaires permettant de valoriser, à partir d’une même carcasse, la viande, la peau et le gras du phoque.

L’initiative s’inscrit dans la foulée des États généraux du phoque, qui ont mis en lumière la nécessité d’une approche intégrée pour soutenir le développement responsable de cette filière émergente.

Un consortium aux expertises complémentaires

L’Association des chasseurs de phoque intra-Québec (ACPIQ) agit comme demandeur officiel au nom du consortium. Parmi les partenaires déjà engagés, on retrouve la MRC de La Haute-Gaspésie, GÎMXPORT, le Groupe ADEL, La Boucherie Côte-à-Côte, ÉvoluPêches, Écofaune Boréale et l’Association des capitaines propriétaires de la Gaspésie. D’autres entreprises, organisations et communautés autochtones déjà approchées pourraient se joindre au projet, prévu sur environ 16 mois.

Structurer la filière et son approvisionnement

Le projet-pilote permettra de tester les différentes étapes liées à l’approvisionnement, au conditionnement initial, au tri et à la redistribution des matières premières, particulièrement dans l’Est-du-Québec. Il cherchera à documenter les bonnes pratiques logistiques et techniques, à éprouver les flux de matière entre partenaires spécialisés et à assurer une coordination efficace des opérations. Le tout vise à soutenir les communautés côtières et à maximiser les retombées socioéconomiques.

« Le développement de la filière du phoque nécessite une approche structurée et coordonnée. Ce projet-pilote permettra de tester le concept de chaîne de valeur intégrée et posera des bases logistiques concrètes pour la transformation commerciale du phoque au Québec », souligne le directeur général de l’ACPIQ, Gil Thériault.

Le phoque, cet animal marin fréquemment observé des berges de Matane.

Miser sur l’innovation et la mise en marché

Le projet entend aussi stimuler l’innovation en expérimentant des procédés de transformation et en développant de nouveaux produits tirés de la viande, de la peau ou encore de l’huile de phoque. Cette dernière pourrait notamment être valorisée grâce au distillateur moléculaire des Îles-de-la-Madeleine. Un événement gastronomique est également prévu en 2027, en Gaspésie, afin de mettre en valeur le savoir-faire des entreprises participantes et de démontrer l’utilisation responsable de la ressource.

Rappelons qu’en novembre dernier, les États généraux sur le phoque du Saint-Laurent, un événement de collaboration réunissant chasseurs, pêcheurs, scientifiques, représentants autochtones et représentants de l’industrie, se sont soldés par l’adoption à l’unanimité d’une vingtaine de recommandations visant à développer la filière du loup-marin.

Celles-ci visent à moderniser la réglementation, développer des connaissances scientifiques et mieux valoriser la ressource. L’une d’elles réclame que le Fonds des pêches soit renfloué. Le député de Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine-Listuguj, Alexis Deschênes, avait d’ailleurs appuyé cette demande.

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