Une pénurie de foin sévit au Bas-Saint-Laurent

Les producteurs agricoles du Bas-Saint-Laurent vivent des sécheresses récurrentes depuis 2016, mais cette année, la situation semble s’être envenimée. L’Union des producteurs agricoles (UPA) cherche désespérément de nouvelles solutions.

« Pour le Bas-Saint-Laurent, ce n’est plus grave ou moins grave, car toute la province est très affectée par cette pénurie, explique Yann Gosselin, conseiller à la vie syndicale chez l’UPA. « Par contre, au Bas-Saint-Laurent, les producteurs agricoles vivent des sécheresses depuis plusieurs années. Ils n’ont pas eu de répit, donc pas eu le temps de faire des réserves. »

À chaque saison agricole, les fermiers sont limités par le peu de fourrage qu’ils ont pu récolter. Habituellement, ils se tournent vers les autres régions pour compenser les quantités manquantes, comme au Centre-du-Québec, les Chaudières-Appalaches ou la Côte-Nord. Mais pas cette année. Même le sud de l’Estrie et l’Abitibi-Témiscamingue n’a pas pu fournir de foin supplémentaire.

Yann Gosselin explique qu’en 2020, c’est la première fois que les agriculteurs ont accueilli une sécheresse printanière et un gel au mois de mai. À la première coupe de l’année dans les champs, les fermiers peuvent normalement recueillir jusqu’à 65 % de leurs besoins alimentaires, alors qu’à la deuxième coupe, ils obtiennent les 35 % restants. Malheureusement, ils ont perdu plus de la moitié de leurs champs de graminées cette année.

En plus de sécheresses répétées depuis 2016, les producteurs ont dû faire vivre leurs champs 75 jours sans pluie significative cet été. « On suit cette problématique de très près depuis longtemps. La situation de pénurie, on l’a vu venir de bonne heure », affirme Gosselin. 

Pour prendre le pouls de la situation, l’UPA a effectué un sondage auprès des agriculteurs du Bas-Saint-Laurent. Plus de 183 répondants y ont relaté les dommages et la situation critique qu’ils subissent. « Nous avons des bonnes estimations des pertes sur le terrain », précise-t-il.

Pour appuyer les producteurs agricoles à court terme, l’UPA a mis sur pied trois bureaux de coordination pour les aider à trouver de l’ensilage, de la paille ou du foin, avec l’idée d’arrimer les vendeurs et les acheteurs. Le prix du fourrage est également en hausse, alors que plusieurs profitent d’une hausse de la demande pour augmenter leur prix de vente. L’UPA a signalé des avances sur l’assurance récolte qui seront versées pour venir en aide aux agriculteurs. 

En outre, la sécheresse amène des difficultés pour abreuver les bêtes. En effet, le manque d’eau a une incidence sur l’état des pâturages des animaux. « On va demander au gouvernement provincial de s’allier avec la MAPAQ pour élargir des programmes et donner de l’argent. Malgré tout, ça ne règlera pas le problème de foin », lance Yann Gosselin. « Nous aimerions que Québec et son ministère de l’Agriculture envoient un appel à leurs homologues des autres provinces pour nous envoyer leurs surplus possibles notamment à travers le transport ferroviaire. »

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