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Conseil des ministres: François Bonnardel de retour, à l’Immigration
François Bonnardel fait son retour au conseil des ministres en tant que ministre de l'Immigration. Photo prise à Québec le 21 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Exclu par François Legault, François Bonnardel fait son retour au conseil des ministres à l’Immigration. Il obtient aussi la responsabilité de leader du gouvernement. Geneviève Guilbault et Gilles Bélanger sont éjectés du Saint des saints.
La nouvelle première ministre Christine Fréchette a choisi davantage la continuité que la rupture par rapport à l’ère Legault. Plusieurs poids lourds conservent leur poste avec certaines modifications.
Simon Jolin-Barrette reste à la Justice, mais perd les Relations canadiennes. Il obtient la responsabilité des Affaires constitutionnelles en remplacement. Il pourra ainsi poursuivre le travail sur sa constitution québécoise, qui est loin de faire consensus.
Dans son discours après l’assermentation de son nouveau cabinet, Christine Fréchette a assuré que l’étude du projet de constitution allait se poursuivre.
C’est Jean Boulet qui reprend les Relations canadiennes et conserve le ministère du Travail. Il devra donc négocier avec le fédéral.
«On doit obtenir plus rapidement les sommes qui proviennent des ententes de financement avec Ottawa, mais toujours dans le respect de nos champs de compétences», a dit la première ministre mardi.
France-Élaine Duranceau reste ministre responsable de l’Administration gouvernementale et présidente du Conseil du Trésor. Elle devient en plus ministre de la Cybersécurité et du Numérique.
Gilles Bélanger, qui occupait ce poste avant, est exclu du conseil des ministres. Il avait pourtant été l’un des premiers à appuyer Christine Fréchette dans la course à la direction de la Coalition avenir Québec (CAQ).
Drainville super-ministre
Le candidat défait dans la course à la chefferie caquiste, Bernard Drainville, obtient finalement le poste de super-ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie. C’était le poste qu’occupait Christine Fréchette avant de se lancer dans la course.
Jean-François Roberge, qui lègue l’Immigration à François Bonnardel, conserve tout de même la Langue française et la Laïcité. La première ministre s’est d’ailleurs engagée à déposer un projet de loi pour étendre la loi 101 à la formation professionnelle et à l’éducation aux adultes.
Lorsqu’il était encore à l’Immigration, M. Roberge a mis fin au Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Une décision qui a provoqué une levée de boucliers un peu partout au Québec.
Durant la course, Christine Fréchette avait promis de ramener ce programme pour deux ans pour donner une clause de droit acquis. C’est donc le nouveau ministre de l’Immigration, François Bonnardel, qui devra concrétiser cette promesse. Il dit vouloir agir rapidement.
«On va rouvrir le programme, tout en respectant nos seuils d’immigration qui sont prévus à 45 000 immigrants par année», a assuré la première ministre, ajoutant qu’il fallait avoir une «approche plus humaine» dans ce dossier.
M. Bonnardel est député depuis 2007, tout d’abord avec l’Action démocratique de Mario Dumont, puis avec la Coalition avenir Québec. Il a été nommé ministre des Transports et ensuite de la Sécurité publique. Son retour au conseil a été souligné par une longue ovation de ses collègues caquistes.
Ian Lafrenière conserve la Sécurité publique (rebaptisée Sécurité intérieure) et les Relations avec les Premières Nations et les Inuit. Il devient aussi vice-premier ministre.
Il devra déposer un projet de loi inspiré par la loi de Clare afin de permettre aux femmes de connaître les antécédents criminels de leur conjoint.
«Je veux m’adresser à toutes les victimes de violences conjugales et leurs proches pour leur dire que je ne vous oublie pas», a déclaré la nouvelle première ministre.
Eric Girard reste aux Finances (mais obtient les Infrastructures), Martine Biron à l’Enseignement supérieur, Christopher Skeete aux Relations internationales et Mathieu Lacombe à la Culture.
Sonia Bélanger reste à la Santé et devra faciliter l’accès à un professionnel de la santé via des consultations à distance. «Je lui ai aussi demandé de lancer des projets pilotes pour créer des salles d’attente virtuelles dans les urgences au Québec», a indiqué Christine Fréchette. Elle avait fait cette proposition durant la course à la direction.
Sonia LeBel conserve l’Éducation, même si elle a annoncé qu’elle ne se représentait pas aux prochaines élections.
Lionel Carmant fait son retour au conseil des ministres et reprend la responsabilité des Services sociaux et de la Lutte contre l’itinérance. Il avait quitté le caucus caquiste dans la foulée des négociations difficiles avec les médecins; M. Carmant est lui-même médecin spécialiste. Il ne va pas non plus solliciter un autre mandat.
Plusieurs ministres changent également de responsabilités. Pascale Déry va à l’Environnement, Kateri Champagne Jourdain aux Ressources naturelles, Jean-François Simard à l’Emploi et Benoit Charette aux Transports.
Ce dernier hérite donc du dossier sensible du troisième lien qui avait divisé les deux candidats à la chefferie. Christine Fréchette veut abandonner le corridor central au profit d’un tracé plus à l’est.
Samuel Poulin, qui avait appuyé Bernard Drainville dans la course, prend du galon en obtenant les Affaires municipales.
Donald Martel conserve l’Agriculture, Amélie Dionne, le Tourisme, Chantal Rouleau, la Solidarité sociale, et Eric Girard (député de Lac-Saint-Jean), le Développement économique régional.
Nouveaux visages
Parmi les nouveaux visages, on retrouve le député de Chapleau, Mathieu Lévesque, qui obtient le poste de ministre délégué aux Régions et responsable de la Jeunesse.
Daniel Bernard (Rouyn-Noranda–Témiscamingue) sera ministre délégué à l’Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises, et Catherine Blouin (Bonaventure) obtient la responsabilité de la Famille. Sa première mission consistera à accélérer la conversion de 5000 places de garderie non subventionnées en places subventionnées.
Les députées Karine Boivin-Roy (Anjou–Louis-Riel) et Kariane Bourassa (Charlevoix–Côte-de-Beaupré) deviennent respectivement ministres de l’Habitation et du Sport.
Isabelle Charest, Caroline Proulx et Jonatan Julien ont aussi été écartés du conseil. M. Julien a dit être «confortable» avec la situation et que son successeur aux Transports, Benoit Charette, avait toute sa confiance. «C’est quelqu’un qui est travaillant et studieux», a-t-il affirmé.
«Réfléchir à la suite»
Du mécontentement s’est aussi fait sentir mardi. Quelques heures avant l’annonce du conseil des ministres, la députée de Marie-Victorin, Shirley Dorismond – qui avait appuyé Bernard Drainville dans la course –, a indiqué «réfléchir à la suite».
«À la lumière du résultat de la course à la chefferie, je considère que la situation actuelle soulève des enjeux de représentation pour les citoyennes et citoyens de Marie-Victorin», a-t-elle écrit sur Facebook.
«Je choisis aujourd’hui de préserver l’essentiel: le respect de moi-même ainsi que ma crédibilité», a-t-elle ajouté.
Mme Dorismond brillait d’ailleurs par son absence à l’assermentation du nouveau conseil des ministres.