« Il y a une urgence d’agir » pour le port de Matane | Des représentants demandent l’aide du gouvernement du Québec

Christophe Moquin | 21 mai 2026 | 11:52

Développement Économique Matanie (DEM) et les représentants politiques de la région demande la construction d’un deuxième quai au Port de Matane pour maintenir les activités, ainsi qu’un soutien financier du gouvernement du Québec.

Le port de Matane est la plus grande zone industrialo-portuaire de l’Est-du-Québec et environ 80 entreprises utilisent ces infrastructures pour des expéditions variées. Il est aussi le lien maritime privilégier pour la Côte Nord, pour le Grand Nord et des marchés internationaux.

« Or, malgré cette importance, la pérennité de ses activités est menacée », commente Jean Langelier, directeur général de DEM. En effet, le port de Matane est en fin de vie utile, une information connue depuis 2018. Sa fin de vie résiduelle sera atteinte d’ici 2033. « Le statu quo, lors de la fin de vie du quai, entraînerait l’arrêt complet des opérations du quai pour au moins trois ans, impactant sévèrement l’économie régionale ».

Le maire de Matane, Eddy Métivier, rappelle les démarches effectuées dans ce dossier. Le 13 mai 2022, une aide financière 81M fut annoncée par Chantale Rouleau, ministre déléguée des transports. Le 24 octobre 2024, la ministre Geneviève Guilbault, du ministère des Transports et de la Mobilité durable à l’époque, fut rencontrée. S’en est suivi, le 15 janvier 2025, d’une rencontre avec le ministère de l’Énergie et de l’Innovation. Une rencontre avec le fédéral fut aussi organisée en août 2025, ainsi qu’avec le ministre délégué à la stratégie maritime, Bernard Drainville à l’époque, en fin d’année 2025.

« Malgré nos nombreuses interventions auprès du gouvernement du Québec, la société des ports Bas-Saint-Laurent-Gaspésie attend toujours le feu vert du gouvernement », commente Eddy Métivier, maire de Matane. « Il y a urgence d’agir, car malgré nos nombreuses démarches effectuées auprès de Québec et malgré que le projet soit inscrit au Plan québécois des infrastructures, on ne sait toujours pas pourquoi ça tarde, et plus Québec tarde, plus les coûts du projet augmentent ».

Eddy Métivier souhaite donc que Québec et Ottawa s’assoient ensemble afin de concerter leurs efforts et qu’Ottawa puisse à nouveau contribuer, dans ce dossier, par le Fonds national des corridors commerciaux de Transport Canada.

Les représentants politiques de la région ont aussi le port de Matane et ses enjeux à cœur.

« Ce n’est rien de moins que l’enjeu le plus important pour mon action politique présentement pour toute ma circonscription (…). C’est le dossier économique, en attente d’une réponse gouvernementale, le plus important pour tout le Bas-Saint-Laurent », mentionne Pascal Bérubé, député provincial de Matane-Matapédia.

« Vous pouvez compter sur moi, comme député fédéral, pour prendre le bâton de pèlerin à Ottawa, et convaincre le gouvernement fédéral de participer. Le leadership revient à Québec, mais le fédéral, à mon sens, devrait participer aux travaux, parce que, quand l’on regarde l’entente qui a été faite en 2018, le fédéral a donné 149M$ au gouvernement du Québec, puis en échange, a pris la responsabilité du port de Matane, de Rimouski, de Cacouna et de Gaspé. Les travaux aujourd’hui, simplement pour le port de Matane, c’est 220M$. Alors, clairement, le montant qui a été versé au gouvernement du Québec n’est pas suffisant », commente Alexis Deschênes, député fédéral de Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine-Listuguj.

Le port de Matane représente plus de 1 110 emplois dans la région.