Damabois ferme une deuxième usine pour une durée indéterminée à Cap-Chat

Christophe Moquin | 22 juillet 2026 | 13:23

L’entreprise Damabois annonce la fermeture temporaire de sa dernière usine, à Cap-Chat, alors que le groupe affirme ne plus avoir les liquidités disponibles pour s’approvisionner en bois, une situation qui découle des mesures de protection du caribou imposées par le gouvernement du Québec en Haute-Gaspésie depuis 2023. C’est donc une autre usine qui cesse ses opérations, suivant le sort de la première de Cap-Chat et celle de Saint-Damase.

L’entreprise estime que l’approvisionnement est devenu difficile dans la région : « Depuis mai 2023, aucune récolte ne peut être effectuée dans 90 % du territoire d’approvisionnement traditionnel de l’entreprise, ce qui a occasionné des coûts supplémentaires d’approvisionnement évalués à 10 millions $ ». Elle ajoute qu’avant cette date, elle était en parfaite santé financière.

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Damabois indique qu’il poursuivra ses démarches afin de trouver des solutions et de minimaliser les impacts de cette situation. « Notre objectif demeure toujours le même, rouvrir nos usines, mais cela ne sera pas possible sans une compensation du gouvernement qui reconnaît enfin l’impact des mesures du caribou établi », mentionne Martin Lavoie, président de Damabois.

L’entreprise ajoute avoir présenté plusieurs demandes au gouvernement et fait plusieurs rencontre dans les dernières semaines, dont celle avec Bernard Drainville, ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie et ministre responsable de la Stratégie maritime, le 10 juillet dernier. « Les discussions se poursuive, mais malheureusement, les solutions envisagées ne sont pas en place avant plusieurs mois ».

Puisque la cinquantaine d’employé.es et les partenaires visés par ces fermetures ne peuvent attendre plusieurs mois, Damabois demande au gouvernement de mettre en place une compensation financière. L’entreprise demande aussi une rencontre avec Kateri Champagne Jourdain, ministre des Ressources naturelles et des Forêts.

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Une situation qui a un impact

Cette annonce préoccupe plusieurs figures du milieu, dont Marie-Ève Godbout, mairesse de Cap-Chat. « Vous me voyez très inquiète aujourd’hui, puisque les mesures annoncées par Damabois pourraient changer le décor de Cap-Chat à tout jamais (…). Il ne s’agit pas de remettre en question la protection du caribou qui est une responsabilité collective », indique-t-elle.

« Les impacts de cette fermeture se feront sentir partout dans la région. Nos partenaires industriels, nos entrepreneurs forestiers, nos transporteurs, nos fournisseurs, plusieurs autres entreprises seront directement touchés », pointe M. Lavoie

Cette fermeture pourrait impacter d’autres usines, par exemple Sappi, à Matane, et Unibord, à Sayabec, car la filière est intégrée. « Si demain matin, Damabois n’existe plus, soyez certain que les coûts d’opération de ces deux entreprises vont exploser », explique Martin Dugas, représentant national d’Unifor.

Les députés se mobilisent

Les députés Pascal Bérubé (Matane-Matapédia-Mitis / provincial), Maxime Blanchette-Joncas (Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques / fédéral) et Alexis Deschênes (Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine-Listuguj / fédéral) étaient sur place lors de l’annonce. Il fut question, pour les députés, d’agir dans les prochains jours.

Il fut aussi mentionné que les programmes d’aides fédéraux sont inadaptés ou inexistants.