Un orignal semblant déboussolé a circulé sur la route 132 dans La Matapédia
Photo de courtoisie citoyenne Un orignal circulait sur la route 132, dans le secteur de Sainte-Florence, dans la Vallée de La Matapédia, ce 17 août en après-midi, créant une congestion automobile. L’animal, qui semblait déboussolé, fut aidé par deux citoyennes.
Étant à l’extérieur, Geneviève Gagné remarqua la scène. « Je vois l’orignal qui passe en avant et qui marche bien lentement. C’est jam pack le trafic, presque arrêté. L’une de mes voisines n’est pas loin avec sa voiture, elle me dit qu’elle le suit depuis l’intersection de Sainte-Florence. Il avait été vu au camping plus tôt (…) dans l’avant-midi », mentionne la citoyenne.
Les deux femmes ont donc tenté de faire arrêter le trafic et amener l’orignal à se diriger vers les champs. « Il voulait toujours revenir vers la 132 ».
Geneviève Gagné déplore certains gestes des automobilistes. « Le monde dépassait par la droite, le monde passait pareil ».
Elles ont aussi alerté les agents de la faune qui sont au courant des faits.
Heureusement, aucune collision entre l’animal et un véhicule n’a été signalée.
Un animal en souffrance
Mme Gagné mentionne que les comportements de l’animal étaient anormaux. « Normalement, ça a peur des humains, ça charge ou ça se pousse (…). Lui, il marchait sur le long de la 132, il ne semblait pas voir les voitures, ne semblait pas avoir peur des voitures (…). Vanessa est allée marcher dans le champ avec et il la suivait vraiment comme un cheval, comme un chien qui suit au pas ».
L’orignal semblait aussi atteint physiquement. « Je voyais qu’il n’avait pas l’air bien. Il était chétif, il avançait très lentement, comme pas conscient qu’il était là (…). Il était plein de mouches, il avait l’air tout le temps dérangé », indique Mme Gagné.
L’orignal était peut-être malade ou apeuré
Notre équipe a contacté le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faunes et des Parcs (MELCCFP) qui ont éclairé la situation. Bien qu’au moment d’écrire ces lignes, les raisons du dérèglement de l’animal sont encore inconnues, des hypothèses peuvent expliquer son comportement.
Tout d’abord, le parasite du ver de méninges peut infecter le cerf de Virginie et l’orignal en consommant accidentellement des limaces et des escargots porteurs de larves du ver et la majorité des orignaux infectés succomberont à l’infection. Le ministère mentionne aussi que les plus jeunes et les femelles sont plus vulnérables. « À l’heure actuelle au Québec, ce parasite est réputé avoir un impact marginal à l’échelle de la population d’orignaux. Toutefois, dans un contexte de changement climatique et d’augmentation des populations de cerfs de Virginie, la situation demeure sous surveillance », indique le MELCCFP.
Toutefois, d’autres facteurs peuvent être la cause du comportement de l’animal. Il aurait pu être à la recherche d’une ressource alimentaire facilement accessible ou riche en nutriments ou effrayé par quelque chose.
« Pour l’instant, nous ne sommes pas en mesure de dire précisément pourquoi cet animal était dans cet état. S’il s’agit d’un animal malade, il est probable que des citoyens du secteur le revoient. Il serait donc important de contacter SOS Braconnage – Urgence faune sauvage (1 800 463-2191) », conclut le MELCCFP.