Jeep Cherokee 2026, un revenant qui a compris

Redaction Mes Regions | 20 septembre 2026 | 10:31
Photo courtoisie Marc Bouchard

Par Marc Bouchard

Ça faisait un moment qu’on ne l’avait vu, le Cherokee. Trois ans, pour être exact, le temps que Jeep laisse le nom de côté pendant que la marque réorganisait sa gamme autour du Compass et du Grand Cherokee. Quand j’ai vu l’appellation réapparaître l’an passé cet été, j’avoue avoir eu un petit pincement de nostalgie. Le Cherokee, c’est un nom qui a bercé les allées de bien des concessionnaires du Québec, incluant plusieurs dans la région où je travaille. Le voir revenir, oui, ça pique la curiosité. Mais encore fallait-il voir ce qu’il rapportait dans ses bagages.

Ce qu’il rapporte, c’est une motorisation qu’on n’associait pas spontanément à Jeep il y a cinq ans : un quatre cylindres turbo de 1,6 litre jumelé à un système hybride, pour une puissance combinée de 210 chevaux et un couple de 230 lb-pi. La consommation combinée annoncée tourne autour de 6,3 L/100 km, un chiffre qui, sur papier, place le Cherokee dans une classe à part de ce qu’on connaissait de lui auparavant. On est loin du V6 gourmand qui faisait la réputation, ou plutôt la mauvaise réputation côté portefeuille, des anciennes générations.

Ce virage n’a rien d’un caprice. Chez Jeep, on a manifestement observé ce que les acheteurs du segment des utilitaires compacts réclament depuis un moment : de la polyvalence, un comportement hors route crédible, mais sans le prix à la pompe qui allait avec. Le Cherokee 2026 tente de répondre aux deux demandes en même temps, ce qui n’est pas un exercice simple, surtout pour un constructeur dont l’ADN reste très orienté vers le hors route.

Sur la route, la première chose qui frappe, c’est à quel point le passage à l’hybride se fait sans éclat. Le moteur électrique comble les trous de couple du petit turbo aux premiers tours, ce qui donne une sensation de réponse plus immédiate que ce qu’on attend habituellement d’un quatre cylindres de cette cylindrée. Ça ne fait pas du Cherokee un véhicule sportif, loin de là, mais ça évite l’impression de sous-motorisation qui plombait certains concurrents hybrides à leurs débuts.

L’habitacle, lui, a visiblement bénéficié d’un vrai travail de mise à jour plutôt que d’un simple rafraîchissement. La position de conduite est haute sans être perchée, avec une bonne vue sur l’avant du véhicule, ce qui aide beaucoup dans le trafic serré ou pour se faufiler dans un stationnement de centre commercial un samedi après-midi. L’espace pour les jambes à l’arrière a gagné en générosité par rapport à ce dont je me souvenais des anciennes livrées, et le coffre reste dans les standards de la catégorie, sans surprise particulière d’un côté comme de l’autre.

Ma conjointe, qui m’accompagne souvent dans mes essais et qui n’a aucune patience pour les matériaux qui font « plastique bon marché », a fait remarquer que les surfaces touchées au quotidien, volant, accoudoirs, contours des commandes, donnaient une impression plus soignée que ce que le prix du véhicule pourrait laisser deviner. C’est un détail, mais c’est souvent ce genre de détail qui distingue un utilitaire qu’on garde cinq ans d’un qu’on revend après deux.

Sur le plan de la conduite proprement dite, le Cherokee garde ce petit côté rassurant propre à Jeep : direction pas trop nerveuse, suspension qui absorbe bien les défauts de chaussée sans être molle dans les virages. Rien d’exaltant, mais ce n’est clairement pas ce que la clientèle visée recherche non plus.

La grande question, évidemment, reste celle de la pertinence de l’hybride dans notre réalité. Un système hybride qui carbure surtout aux transitions urbaines, aux arrêts fréquents et aux relances, se comporte différemment une fois les températures sous zéro et les autoroutes du Québec dans le portrait.

Au final, ce retour du Cherokee laisse une impression positive, sans être renversante. Ses points forts : une motorisation hybride bien intégrée qui ne pénalise pas l’agrément de conduite, un habitacle dont la qualité perçue a fait un bond, et une consommation combinée qui, sur papier du moins, place le modèle dans une position concurrentielle inédite pour le nom.

Ses points faibles : une conduite qui reste sage plutôt qu’engageante, une consommation réelle en hiver québécois qui demande à être confirmée sur le terrain, et un retour qui, après trois ans d’absence, devra reconquérir une clientèle qui a eu le temps de regarder ailleurs. Le nom est de retour. Reste à voir s’il saura convaincre aussi solidement qu’il l’a déjà fait par le passé.

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