L’animateur Jean-Luc Mongrain s’éteint à l’âge de 75 ans
Jean-Luc Mongrain tient son trophée du meilleur animateur d’une émission d’affaires publiques lors de la cérémonie de remise des prix Artis, à Montréal, le dimanche 25 avril 2010. LA PRESSE CANADIENNE/Graham Hughes Le journaliste et animateur au franc-parler Jean-Luc Mongrain s’est éteint à l’âge de 75 ans des complications d’un cancer. Son décès, survenu le 11 octobre, a été confirmé par son fils.
Jean-Luc Mongrain a eu une carrière de plus de 50 ans dans les médias. Il a commencé à la radio et la télévision régionale, mais c’est surtout à la barre de l’émission d’affaires publiques «Mongrain de sel», qu’il se fait connaître du grand public.
Il devient par la suite le visage de l’information de la chaîne TQS (aujourd’hui Noovo) alors qu’il anime le bulletin de nouvelles «Le grand journal» pendant neuf années. Au fil de ses apparitions sans tabou, il forge une image bien à lui où il n’est pas rare de le voir s’enflammer sur un sujet d’actualité.
Il sera ensuite sur les ondes de LCN pendant trois années où il animera l’émission quotidienne «Mongrain», où son rôle est de décortiquer des sujets d’actualité avec son style coloré qu’on lui connaît.
En 2015, il explore la notion de non-responsabilité criminelle lorsque la cause plaidée en justice est un trouble mental, dans un documentaire qu’il a produit et réalisé nommé «Coupable ou malade».
Plus récemment, en 2021, il s’était lancé dans l’univers de la baladodiffusion avec «Mongrain en balado», un projet de dix épisodes dans lequel il passe en entrevues des personnalités québécoises sur des sujets de société, comme l’aide médicale à mourir et les relations avec les Premières Nations.
Au cours de sa carrière, Jean-Luc Mongrain a reçu 18 prix Artis, entre autres meilleur animateur en information et affaires publiques.
Il a également été un ambassadeur important pour le Club des petits-déjeuners du Québec, notamment en menant pendant plusieurs années la campagne annuelle de financement qui s’appelait la «Tasse de Jean-Luc Mongrain».
Un talent souligné par la classe politique
Sur les réseaux sociaux, la classe politique a réagi au décès du journaliste. Le premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon, l’a qualifié de «personnage unique et haut en couleur», affirmant que «ce n’était pas un journaliste comme les autres».
«Une des choses que l’on retiendra longtemps, c’est la saine colère qu’il pouvait avoir à l’écran. Une indignation qui rejoignait celle des auditeurs. Une indignation sentie, souvent avec une touche d’humour, ce qui rajoutait à la facilité à communiquer avec les Québécois», a déclaré M. St-Pierre Plamondon, soulignant «tout l’apport qu’il a eu sur notre culture et notre paysage médiatique».
La première ministre sortante, Christine Fréchette, a écrit que «le Québec perd une figure marquante de son paysage médiatique».
«Jean-Luc Mongrain aura marqué des générations de Québécois par sa passion, sa personnalité colorée et sa façon bien à lui de commenter l’actualité. Un communicateur authentique qui n’aura laissé personne indifférent. Avec M. Mongrain, on avait l’heure juste. Il animait avec son cœur, sans la langue de bois», a déclaré Mme Fréchette.
Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, a parlé du départ d’«une figure incontournable du monde médiatique québécois».
«À travers ses nombreuses émissions, il a su non seulement écouter, mais aussi donner une voix aux Québécois. Il réussissait comme personne à rendre vivantes nos aspirations et nos craintes», a déclaré M. Milliard.
Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, a dit que Jean-Luc Mongrain l’avait beaucoup inspiré durant sa carrière radio, le qualifiant d’«un gars vrai, de gros bon sens».
«Certaines de ses montées de lait pour défendre le citoyen contre le système bureaucratique vont passer à l’histoire», a soutenu M. Duhaime.
La porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a écrit qu’elle avait l’impression qu’une partie de sa jeunesse à la télévision partait avec le décès de M. Mongrain. «Il a fortement marqué le paysage médiatique québécois et on se souviendra longtemps de lui», a-t-elle dit.
Au fédéral, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a lui aussi souligné que M. Mongrain a marqué l’information au Québec. «Le plus loin possible, mais jamais trop loin, il cherchait et provoquait la réflexion. Longtemps redoutable et redouté, et homme affable et attachant en personne et en privé», a commenté M. Blanchet.