La maladie de Lyme progresse vers la Gaspésie

La Presse Canadienne | 9 juin 2026 | 11:14
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Lentement mais sûrement, la maladie de Lyme progresse vers la Gaspésie en raison des changements climatiques et du réchauffement des températures.

La Direction de la santé publique Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine recense un peu plus d’une dizaine de cas dans la région ces dernières années, mais une seule contamination s’était produite ici même. Dans la province, les tiques augmentent, ce qui a un impact évident sur la maladie de Lyme.

« On ne peut pas dire qu’on soit une région très à risque encore, précise la médecin-conseil en santé publique et médecine préventive, Ariane Courville. Pour le moment, les tiques ne sont pas établies dans la région, ou elles commencent à l’être. On n’a pas vraiment de signal fort envoyé. Par contre, quand on regarde les cartes, en 2030, le climat pourrait être favorable dans certains points dans la Baie-des-Chaleurs. Mais c’est surtout en 2050 où la Baie-des-Chaleurs sera plus favorable à l’établissement des tiques. En 2080, ce sera toute la région. » 

La chaleur et l’humidité aident la tique, mais c’est surtout la réduction de la longueur des hivers qui l’aide à proliférer et à faire un cycle complet de vie. La tique du chevreuil est celle qui peut interagir sur l’humain. « On n’est pas ceux qu’elle préfère piquer, mais lorsqu’il y a un humain qui passe près, elle en profite », illustre la médecin.

Importées

La tique est présente au sud-ouest du Québec et un peu partout au Nouveau-Brunswick. En Gaspésie, elle est surtout ramenée par des animaux.

« Ces tiques peuvent être trouvées sur des humains et des animaux et, quand on en retrouve, on les envoie au laboratoire de santé publique du Québec. On a un certain nombre, pas très élevé, qui est trouvé, mais ça ne veut pas dire qu’elles vont faire un cycle complet dans la région », note Ariane Courville.

Circuler dans les herbes hautes et la forêt est l’un des facteurs contributifs à la tique. Dans les 10 dernières années, elles ont été importées en Gaspésie.

« La très grande majorité sont des cas acquis dans d’autres régions. Ils ont été piqués là-bas et ont développé la maladie ici. Pour tous nos cas probables, on aurait 12 cas dans les 10 à 15 dernières années, mais seulement un cas est acquis dans la région », analyse la médecin-conseil.

Si les gens sont piqués et que la tique est retirée en moins de 24 heures, il n’y a pas de risque. Si jamais la tique était restée plus longtemps, une lésion rouge apparaîtra. De la fièvre, de la fatigue, des ganglions et de la rougeur sont les symptômes courants. Dans ce cas, il est suggéré de consulter. La maladie de Lyme se traite par antibiotiques.

Un texte de Nelson Sergerie